Miroslav Tuđman

Publié le 26 Octobre 2014

Miroslav Tuđman, pâle héritier du "père de la Croatie indépendante", est candidat à la présidentielle

 

 

Le nom de Tuđman n'est pas encore relégué dans les livres d'histoire croate. Après Franjo Tuđman, (premier) président de la Croatie indépendante jusqu'à sa mort en 1999, voici que son fils, Miroslav (63 ans), veut marcher dans ses pas. Il a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle, dont le premier tour est prévu le 27 décembre. 

 

Ses chances ? Inexistantes, selon les sondages, dont il conteste la validité. Son objectif ? Défendre l'héritage familial - une indéniable ressemblance physique le lie à son père - et dénoncer la politique de Stjepan Mesić. Président depuis 2000, "Stipe" Mesić fut un effet un pourfendeur des tendances nationalistes et autoritaires de Franjo Tuđman. 

 

En visite à Paris, fin octobre, Miroslav Tuđman a rencontré le président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Axel Poniatowski (UMP). Dans un entretien au Monde, le candidat croate a critiqué les positions de Zagreb sur deux dossiers connexes : le conflit territorial avec la Slovénie et l'intégration à l'Union européenne (UE). Début octobre, la Croatie a repris ses négociations d'adhésion, gelées depuis décembre 2008 en raison du veto slovène. Les deux pays, en conflit sur la démarcation de la frontière maritime et terrestre dans le golfe de Piran, ont accepté de s'en remettre à un arbitrage international. 

 

Selon Miroslav Tuđman, "la Croatie a une mauvaise approche des négociations d'adhésion depuis dix ans. On a répété sans cesse qu'il n'y avait aucune alternative, sans penser à négocier les meilleures conditions possibles pour y entrer". 

 

 

Conception souverainiste

 

Au sujet du conflit frontalier, il qualifie de "complètement erronée" l'option qui consiste à faire de sa résolution un préablable à l'entrée dans l'UE. "C'est à l'UE d'expliquer s'il existe un critère dérogatoire, spécifique pour la Croatie, alors que d'autres pays avec ce genre de problèmes ont été acceptés avant de les résoudre", assure-t-il. M. Tuđman, qui dit souhaiter une intégration de son pays dans l'UE, prône une conception souverainiste de l'Union, qui devrait être une "union d'Etats souverains". 

 

L'ancien chef du service de renseignement extérieur croate (HIS), qu'il a dirigé entre 1993 et 1998 et entre 1999 et 2000, estime que son nom de famille ne constituera pas forcément un handicap dans la course présidentielle. Ses maigres résultats électoraux à la tête de sa formation, le Parti de la véritable renaissance de la Croatie (HIP), ne sont pourtant guère encourageants. "Mon nom est un avantage parmi les gens ordinaires. Le problème se pose au sein de certains cercles du pouvoir, où le rôle de l'Eglise, l'action de mon père et celle de l'armée croate pendant la guerre sont perçus négativement." A l'écouter, il n'existerait pas "un seul exemple concret où la loi aurait été violée" par Franjo Tuđman, lors de sa présidence. 

 

Quant aux crimes de guerre commis par des Croates, "il y en a eu, mais c'était le fait d'individus ou de groupes isolés, et non la conséquence d'une politique. Regardez ce qui s'est passé après l'ouragan Katrina, à la Nouvelle-Orléans. Il y a eu des pillages, des crimes". 

 

Par Piotr Smolar

 

Source : lemonde.fr, le 12 novembre 2009. 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Hommes politiques, #militaires et diplomates

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