Quand les gudards s'invitaient en Croatie

Publié le 12 Mai 2014

Odeurs de poudre 

 

..., les militants du GUD commencent à s'intéresser aux événements de Yougoslavie. Ce conflit qui se déroule à moins d'une journée de train de Paris a déjà décidé plusieurs militants de Troisième Voie, qui, attirés par l'odeur de la poudre, se sont engagés aux côtés des combattants croates contre les tchétniks. Très rapidement, le GUD prend des contacts avec les nationalistes croates du Parti du Droit, le HSP, dirigé par Dobroslav Paraga. Ce dernier se définit comme l'héritier politique d'Ante Pavelic, tout un programme... Un Comité France Croatie, CFC, se crée, grâce au  concours du représentant du HSP en France, et soutenu par les mouvements de jeunes européens, Nacion Joven (Espagne) et Movimento Politico (Italie). Un meeting est organisé le 19 décembre 1991. A l'origine, la réunion devait se tenir dans une salle paroissiale, rue Albert de Lapparent, mais apeurés par l'affiche signée GUD représentant un combattant croate armé, la salle est refusée au dernier moment. Les organisateurs doivent donc en quatrième vitesse affréter des navettes pour acheminer tout le monde vers la rue Las Cases, où, dans une ambiance surchauffée, l'assistance peut écouter le témoignage d'un combattant croate rentrant du front, et les encouragements du responsable français du Parti du Droit.

Intrigué par l'engagement du GUD aux côtés des Croates, Jean-Paul Bourre, animateur vedette de la Radio FM Ici et Maintenant, invite le GUD à son émission “Libre Antenne”. Pendant près de trois heures, les quatre gudards présent peuvent discuter librement avec les auditeurs. Ce manque de censure faillit coûter sa place à l'animateur et un juge d'instruction chercha désespérément à savoir qui se cachait derrière les prénoms des intervenants, sûrement pour les féliciter.

Ces différents événements médiatiques furent à l'origine d'une vague de départs de gudards vers la Croatie.

Parallèlement, une délégation de l'AF participa au Congrès Tchetnik International, invitée par les royalistes serbes. Cette décision sera mal perçue par d'autres royalistes, dont la section de Lyon, qui transmettra au responsable du GUD les coordonnées de leurs camarades félons.

Une délégation d'une dizaine de gudards sera reçue officiellement par Dobroslav Paraga à Zagreb, qu'ils quitteront peu après pour rejoindre d'autres gudards, combattant au sein d'une brigade internationale engagée dans la défense de la ville assiégée d'Osijek. Un autre groupe de gudards s'est enrôlé dans la 2e brigade d'active de l'armée régulière croate, engagée à Sisak, au sud de Zagreb, pendant la campagne de Croatie, d'août 1991 à janvier 1992. Ils participeront à de nombreuses offensives contre l'armée fédérale yougoslave et contre les milices de Martic, dirigeant de la Krajina serbe. Le nombre de militants ayant fait le déplacement fut, à certains moments, si important qu'il se produisit des rencontres extraordinaires. A l'occasion de l'anniversaire d'un des leurs, trois gudards se rendant dans un bar, dans les caves d'un hôtel d'Osijek (ville assiégée) rencontrent deux de leurs camarades qui avaient aussi fait le déplacement. Ce fut l'occasion de fêter comme il se doit cet anniversaire, le délégué de l'ONU à Osijek, un député européen italien, s'en souviendra.

L'arrivée des Casques bleus à Osijek va précipiter le retour des casques noirs en France. Cela tombe bien car Paris s'agite.
 


 

Source : Frédéric Chatillon, Thomas Lagane et Jack Marchal (dir.). Les Rats maudits. Histoire des étudiants nationalistes 1965-1995, Éditions des Monts d'Arrée, 1995, pp 129-131.


 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Oustachisme, sectarisme et extrêmisme

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