Fin de stocks

Publié le 15 Octobre 2013

1. Le gouvernement relance la grande braderie des privatisations

 

 

Tout est à vendre, ou le sera bientôt : Croatia Airlines, Jadrolinija, Hrvatsko Osiguranje, la Banque postale, les autoroutes et la Loterie croate... Alors que l’État est au bord de la faillite, le gouvernement social-démocrate de Zoran Milanović annonce des privatisations à tout va, qui risquent même de toucher les « biens publics d’importance stratégique »...

 

 

L’Etat souhaite se débarrasser au plus vite des entreprises publiques de transport. Un appel d’offre est d’ores et déjà lancé pour des partenariats concernant les aéroports de Split, Rijeka, Osijek, Zadar, Pula et Dubrovnik. Par ailleurs, ce n’est plus un secret pour personne que les autoroutes sont à vendre et que l’aéroport de Zagreb sera cédé à un concessionnaire.

De plus, l’Etat souhaite privatiser le port de Vukovar, la compagnie maritime Jadrolinija et la compagnie aérienne Croatia Airlines. Dans les prochains mois, les Croates doivent encore s’attendre à une privatisation des médias publics et de nombreuses sociétés d’Etat. On pourrait citer, en vrac : ACI, Petrokemija, Brijuni Riviera, Croatia Banka, APIS, l’Institut d’Immunologie, l’Institut de construction navale, Croatia Osiguranje, la Banque postale (Hrvatska poštanska banka)…

Il s’agit là d’entreprises présentant un bon potentiel de développement, dont l’Etat est encore actionnaire majoritaire, et qui, selon la stratégie adoptée par le Parlement au mois de juin de cette année, ont besoin d’une restructuration, d’une recapitalisation ou d’une privatisation complète.

La Poste et la Loterie croate vont également être restructurées. La possibilité qu’elles soient cédées dépendra du processus de restructuration, c’est en tout cas ce que confirme une source proche du gouvernement.

La Loterie serait particulièrement visée par une possible privatisation car elle se trouve sur la liste des 27 entreprises publiques qui présentent un « intérêt stratégique ». La stratégie de gestion des biens de l’Etat pour la période allant de 2013 à 2017, adoptée par le Parlement en juin de cette année, affirme que ces entreprises « stratégiques » répondent à « un besoin sociétal de long terme » - c’est pourquoi nul ne s’attendait à leur privatisation.

 

Aucun bien public n’est à l’abri

Dans la situation actuelle, il semble en effet que ces « entreprises publiques d’intérêt stratégique » ne seront pas plus épargnées que les autres par la privatisation, si le besoin s’en fait sentir. Selon nos sources, il serait tout à fait irresponsable de sauvegarder la loterie croate au prix d’un nouvel emprunt à l’étranger à des conditions désavantageuses. Une éventuelle privatisation de la loterie placerait la Croatie dans la même situation que la Grèce qui a cédé aux pressions de l’Union européenne et du Fond Monétaire International en vendant sa loterie pour un montant de 712 millions d’euros.

Il faut noter que sur la liste des biens publics d’intérêt stratégique se trouvent également des sociétés dont la privatisation semble impensable, comme l’électro-distribution, les eaux et les forêts. Si l’Etat se retrouve dans une situation où la privatisation des sociétés à intérêt stratégique devient nécessaire, le gouvernement ne décidera pas seul, affirme notre source, mais il ouvrira un débat au Parlement.

 

Le roi est nu

La question que les employés du secteur public doivent certainement se poser coule de source : qu’adviendra-t-il de leurs emplois en cas de privatisation ? Le gouvernement espère que la restructuration, la recapitalisation et la privatisation des sociétés d’état entraîneront le développement nécessaire à la création de nouveaux emplois.

Toutefois, Guste Santini, analyste économique et consultant spécialisé dans les processus de privatisations estime que cet optimisme n’est guère fondé. « Le propriétaire privé achète une société pour servir ses propres intérêts. Quels seront ces intérêts, il est le seul à le savoir. Sauvegarder le maximum d’emplois est un devoir fondamental, mais s’agit-il véritablement d’une priorité de l’État ? Est-il en mesure de le réaliser ? »

Il n’est pas exclu, estime l’analyste, que l’annonce de cette braderie des biens publics ait un rapport direct avec le fait que le ministre des Finances, le social-démocrate Slavko Linić, après avoir bien analysé les comptes de l’Etat, s’est exclamé : « Le roi est nu ! ». En effet, la Croatie aurait trop longtemps vécu endettée et elle doit maintenant faire face à une situation désastreuse.

« L’Etat est forcé de nettoyer son portefeuille afin que ses biens rapportent des bénéfices. Il n’est plus possible que des entreprises déficitaires survivent sur le dos des citoyens imposables. Toutefois, l’absence de critères clairs sur le moment, le motif et la manière dont certains biens publics seront vendus est inquiétante. La Croatie connaît de sérieux problèmes et, avant toute privatisation, des discussions s’imposent. Les problèmes ne se règlent pas en vendant les biens publics et je ne suis pas le porte-parole de la privatisation. Néanmoins, la situation actuelle est telle qu’il faut trouver une issue de secours. La restructuration de l’Etat doit répondre à une stratégie réfléchie », conclut Guste Santini.

 

 

Par Petar Vidov

Source : balkans.courriers.info, le 15 octobre 2013.

Article paru à l'origine sur index.hr, le 9 octobre 2013.

 

 

2. La Croatie cherche un partenaire stratégique pour la compagnie aérienne nationale

 

Le gouvernement croate a lancé jeudi un appel aux investisseurs souhaitant devenir un "partenaire stratégique" dans la gestion de la compagnie aérienne nationale, Croatia Airlines (CA), en échange de 49% des actions estimées à quelque 127 millions d'euros.
Dans le cadre de la restructuration de la compagnie, "le gouvernement croate entend céder à un tel partenaire 49% des actions", a affirmé le ministre des Transports, Sinisa Hajdas Doncic, lors d'une réunion du gouvernement ouverte à la presse.
Il s'agit de près de 4,5 millions d'actions dont la valeur nominale est de 200 kuna (26,25 euros).
Selon le plan de vente adopté par le cabinet, les potentiels partenaires disposeront de 30 jours pour manifester leur intérêt pour l'achat des actions de la CA.
Selon le ministre, le processus de privatisation devrait durer "de huit à dix mois".
"Après ce processus, l'État croate contrôlera 50,25% des parts de la CA", a dit M. Hajdas Doncic, en ajoutant que l'argent de la vente des actions n'ira pas au budget du gouvernement mais sera investi dans le développement de la compagnie.
Croatia Airlines a transporté 1,9 million de passagers en 2012 (+4% par rapport à 2011), mais a enregistré une perte de 49 millions d'euros.
Dans le premier semestre 2013, le nombre de passagers (807.534) a baissé de 5% par rapport à la même période de 2012, et la compagnie a généré durant ces six mois une perte d'un peu plus de 10 millions d'euros.
La CA, qui emploie près de 1.100 salariés, dispose d'une flotte de treize avions, dont trois Airbus A320, quatre A319 et six appareils Q-400.

 

Source : lesechos.fr, le 17 octobre 2013.

 

 

 

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Economie et mouvements sociaux

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