Publié le 19 Août 2016

Losinj et Cres, l'archipel croate de la toison d'or 


 

LA POÉSIE DES ÎLES (7/7) - Ces îles jumelles et leur archipel, rattachés au mythe de la Toison d'or, sont les perles du golfe de Kvarner. Au programme : nature, santé, beauté et cet art de vivre qui caractérise les peuplades de l'Adriatique...


 

Dans l'Antiquité, on les appelait les Absyrtides. Un nom tiré de la légende des Argonautes. Ayant dérobé la Toison d'or à Eétès, roi de Colchide, Jason fuyait ses poursuivants. Parmi ces derniers, Absyrtos, fils du monarque lésé, chargé de rapporter le mythique butin dans le Pont-Euxin. A son bord, Jason disposait d'un atout majeur en la personne de Médée, fille d'Eétès, qu'il avait séduite lors de son raid en Colchide. Se voyant rattrapé par les nefs vengeresses, il persuada sa maîtresse de tuer son propre frère, de le dépecer et de disperser ses membres épars dans l'Adriatique. Comme les Colches s'attardaient à recueillir les restes d'Absyrtos, Jason put les distancer et continuer sa route. Ainsi serait né l'archipel des îles de Cres et de Losinj (aujourd'hui séparées par un chenal creusé par l'homme, mais qui n'en formaient qu'une au néolithique), constitué de plusieurs îlots plus ou moins grands: Unije, Srakane, Susak, Ilovik, Orjule, Oruda, etc. Le crime, en l'occurrence un fratricide, était presque parfait. En effet, vu de l'hydravion qui nous transporte vers Losinj, le spectacle est tout simplement divin. Un régal pour les yeux…


 

Sur la terre ferme, nul vestige de cette sanglante genèse: tout respire l'harmonie, la sérénité et la félicité. Il est vrai que la vocation touristique de Losinj est ancienne puisqu'elle remonte à la période austro-hongroise. A tout seigneur, tout honneur: c'est l'archiduc François-Ferdinand, venu en convalescence pour traiter une méchante tuberculose, qui en fit une destination à la mode dans les années 1880. Dans sa foulée, on vit débarquer toute l'aristocratie impériale, soucieuse de se refaire une santé pendant l'hiver (Karlsbad et Marienbad étant les villégiatures estivales). Ces VIP se donnaient rendez-vous dans la baie de Cikat, à l'abri des bourrasques et des regards. Pour eux, le naturaliste Ambros Harazic (1) créa une Société d'embellissement et de reforestation, fit planter 300 000 arbres. Il en résulta une superbe pinède qui fut l'écrin de la gentry. Des architectes viennois renommés, comme Alfred Keller et Rudolf Göbel, y édifièrent les villas de style Art nouveau ou Sécession, avec l'eau courante et le confort moderne, qui parsèment toujours la promenade de Cikat et lui confèrent cette classe surannée.


 

On y partageait son temps entre les intrigues galantes, les sports nautiques et les randonnées pédestres (250 kilomètres de sentiers balisés, au détour desquels on découvre des criques de rêve). Des températures clémentes (moyenne hivernale de 14 °C) et 207 jours de soleil par an, des courants chauds au large des côtes, plus de 1 000 herbes aromatiques répertoriées (du romarin à l'immortelle, en passant par la lavande, le thym, la menthe ou la sauge), un air pur comme le cristal, une pollution inexistante, une alimentation équilibrée (proche du régime crétois): le cocktail vivifiant et curatif de Losinj opère toujours. A tel point que nombre d'établissements hôteliers sont dotés de spas et de centres de soins. La pneumologue Anamarija Margan Sulca réalisé en 2013 une étude médico-sanitaire relative à l'impact de ce microclimat sur l'organisme.


 

Elle est formelle: «Les tests portaient sur une population de 93 personnes, souffrant plus ou moins d'affections respiratoires ou pulmonaires à leur arrivée. En onze jours, les effets bénéfiques, mesurés par spirométrie et oxymétrie, étaient démontrés scientifiquement. Sans thérapie particulière, juste par inhalation naturelle! Toutefois, pour une remise en forme complète et certaine, il faut compter trois semaines. C'est l'optimum.» L'air est une chose, la mer en est une autre. Ce fut longtemps la principale ressource des insulaires, peuple de marins et de pêcheurs. Le village d'Osor, florissante capitale au Moyen Age (plongée depuis dans la torpeur), contrôlait la route maritime entre la Dalmatie et l'Istrie. Une position militairement et commercialement stratégique. Les premiers habitants liburno-illyriens y prélevaient droits de péage et de douane. Ce qui ne tarda pas à exciter la convoitise des Romains au Ier siècle avant J.-C., premiers occupants qui seraient suivis par bien d'autres: les Slaves, les Vénitiens, les Autrichiens, et même les Italiens sous le régime fasciste (jusqu'à la libération par les partisans yougoslaves en 1943).


 

A compter de la Renaissance, pour cause de malaria, l'activité économique se déplaça progressivement vers Mali Losinj, qui devint le deuxième port de l'Adriatique au XIXe siècle: 15 000 matelots y avaient leurs quartiers, 150 navires mouillaient dans sa rade, et six chantiers navals fournissaient à tour de bras (d'où la nécessaire reforestation entreprise ultérieurement par Ambros Harazic)! Son académie navale forma des générations de navigateurs. On y installa une station météo et un observatoire pour les astronomes. Le déclin de la marine à voile et l'essor des bateaux à vapeur sonnèrent le glas de cet âge d'or, qui est aussi bien relaté qu'illustré dans la tour vénitienne qui abrite le musée de Veli Losinj.

Pourtant, la mer reste prodigue en bienfaits et en surprises. C'est ainsi que Losinj héberge dans ses eaux la plus importante population de dauphins de l'Adriatique (ils seraient environ 200 dans tout le golfe de Kvarner). Cette espèce protégée est le sujet d'un programme de recherches piloté par l'ONG Blue World de Veli Losinj. Embarqués sur un Zodiac, nous accompagnons l'une de ses équipes dans son travail quotidien: la photo-identification des cétacés et les relevés d'acoustique sous-marine. «Chaque dauphin est reconnaissable à son aileron dorsal, explique Nikolina Rako Gospic, responsable de mission et diplômée en sciences maritimes appliquées. Cicatrices, entailles, marques: aucun aileron n'est semblable. C'est comme une empreinte digitale chez l'être humain. Ils sont systématiquement photographiés (les capturer serait source de stress), ce qui nous permet de cataloguer chaque dauphin dans notre base de données et de suivre son évolution au fil du temps. Nous utilisons également des hydrophones et des microphones afin de décrypter leur langage par sons.» A peine termine-t-elle son exposé qu'une demi-douzaine de jeunes adultes fait irruption dans le sillage d'un chalutier. Joueurs et inspirés, ils se livrent à un ballet aquatique du plus bel effet, avant de se fondre dans le grand bleu.


 


 

Si Losinj ne manque pas d'attraits, une excursion dans les îles qui jalonnent son pourtour et en dépendent administrativement est fortement recommandée. Cap sur Susak, une bizarrerie géologique et linguistique facilement accessible par ferry depuis Mali Losinj. Pas d'asphalte, pas de voiture. Un bloc de calcaire recouvert d'une couche de sable (porté par Eole du Sahara ou du bassin du Pô, dit-on) qui lui donne cette allure singulière, plus proche de l'Afrique que des Balkans. Sur ses coteaux poussait du raisin dont on tirait un bon vin. Décimé par le phylloxéra, le vignoble périclita dans les années 1950. S'ensuivit un exode massif vers les Etats-Unis, où les immigrants firent tous souche dans la même ville du New Jersey: Hoboken. AmerikaAmerika! Mais ces aventuriers n'ont pas oublié leur patrie: ils reviennent chaque été passer les vacances à Susak dans les maisons aisément reconnaissables (à leur déco ostentatoire) qu'ils ont fait bâtir avec les dollars de l'American dream. Même si leur accent est teinté d'intonations anglo-saxonnes, ils n'ont pas oublié le dialecte, du croate archaïque mâtiné d'italien et d'expressions idiomatiques.


 

«Même les Croates ne comprennent pas le parler de Susak, s'amuse Barbara Busic Ribaric, l'institutrice qui enseigne aux deux seuls élèves du cru! Le plus extraordinaire, c'est que les habitants(qui sont moins de 100) le pratiquent toujours entre eux. Ici, les traditions perdurent, en dépit des aléas de l'Histoire.»Même chose pour le costume que portent les femmes lors des grandes occasions: une minijupe brodée à volants colorés et superposés, agrémentée de perles et de divers colifichets. Ce vêtement d'apparat est confectionné à la main par les sœurs de la Charité, les seules à connaître et à transmettre un savoir-faire ancestral mais compliqué: six mois de travail et 50 mètres de coton pour une seule pièce. Et un coût de 30 000 kunas, soit 4 000 euros, sacrifice considérable dans un pays où le salaire moyen ne dépasse pas 1 000 euros mensuels. Mais l'horizon s'éclaircit pour Susak: un investisseur fortuné a ressuscité le vignoble et souhaite relancer la production viticole qui fit les beaux jours de l'îlot…


 

Il serait injuste et absurde de se cantonner à Losinj et de ne pas visiter Cres, cette sœur siamoise dont elle fut détachée artificiellement en des temps reculés. Plus vaste et moins peuplée (2), elle est aussi plus rustique et plus nature, moins domestiquée, moins apprivoisée. L'idéal est de prendre l'itinéraire qui mène (via des passages sinueux) de Mali Losinj jusqu'au nord de Cres, dans la Tramuntana. Etape obligatoire à Osor, point de jonction, où un pont tournant (actionné à la manivelle pour laisser passer les embarcations) permet de franchir les 10 mètres du Kavuada Kanal. Première conquête de Rome, Osor en garde l'urbanisme typique, avec cardo (axe nord-sud) et decumanus (axe est-ouest). C'est le fondement sur lequel on bâtit la cité médiévale, avec ses murailles d'enceinte, le monastère bénédictin Saint-Pierre (où des fouilles sont conduites par des Français du CNRS et de l'université de Franche-Comté) et la cathédrale de l'Assomption. L'empreinte de Venise est visible sous la forme de deux lions de Saint-Marc sculptés sur les portes d'entrée et de sortie de la vieille ville. Après Osor, la route conduit sur un plateau karstique, cerné de maquis, de garrigue, de chênes, d'oliviers et de châtaigniers. C'est le domaine du célèbre mouton de Cres qui déambule entre les cultures en terrasses et les murets de pierres sèches: nourrie d'herbes sauvages et de sel marin, sa chair figure parmi les spécialités gastronomiques de toutes les bonnes auberges et tavernes locales. On s'arrêtera volontiers à Lubenice, hameau perché à 400 mètres de hauteur (cinq habitants mais dix églises!), d'où l'on aperçoit le littoral italien par ciel clair, ou à Valun, port de pêche qualifié naguère de «petit Saint-Tropez» par un confrère du Figaro Magazine, comme nous le rappelle la tenancière du restaurant Na Moru (voir notre carnet de voyage). A Cres-ville, le peintre Matte Solis, qui conserve un souvenir ému de son exposition parisienne il y a trente ans et s'exprime dans la langue de Molière, nous invite dans le capharnaüm étudié qui est à la fois son habitation et son atelier. Le maître, personnage volubile et fascinant, y reçoit des connaisseurs du monde entier venus admirer ou acheter ses toiles, où dominent les thèmes de la mer et de la femme.


 

Ambiance bien différente, mais tout aussi chaleureuse au couvent Saint-François, havre de paix construit au XIIIe siècle par des franciscains, omniprésents en Croatie. Le père Zdravko, accueillant et attentionné, nous guide dans le musée et l'incroyable bibliothèque (10 000 livres, dont 25 incunables). Il nous montre avec fierté le trésor de cette collection: un missel de 1494 écrit en glagolitique (3). Et nous offre pour viatique une médaille de la Vierge Marie… C'est dans la pointe septentrionale, à Beli, le caput insulae (tête de l'île) des Romains, que s'achève notre périple. Un village qui surplombe une paroi rocheuse et descend à pic vers la mer, via des ruelles jonchées de ruines romanes ou gothiques. D'ici, on surveillait les galères qui croisaient entre Cres et Krk. Si Losinj est le refuge des dauphins, Beli est celui d'une autre espèce rare: le vautour fauve ou griffon, qui peut atteindre 3 mètres d'envergure et un poids de 10 kilos. Les femelles viennent nidifier dans les falaises vertigineuses et inaccessibles qui longent Beli. La réduction du cheptel ovin ayant fragilisé ces nécrophages, ils sont soignés et nourris. Quant aux petits, qui échouent parfois dans les flots lors de leurs premiers essais en vol, ils sont recueillis dans l'écocentre Caput Insulae, où ils sont retapés avant d'être relâchés dans les cieux. Des paysages enchanteurs et envoûtants, un ciel et une mer d'azur, une terre subtile, une faune unique: Cres et Losinj n'ont peut-être pas été engendrées ainsi que le décrit la mythologie, mais ces îles sont assurément bénies des dieux…

 

 

(1) Grâce à son lobbying auprès des autorités austro-hongroises, Losinj se vit décerner en 1892 le titre de «station climatique naturelle» par Vienne.

(2) 3 000 habitants et 405 km2 , contre 7 000 habitants et 75 km2 à Losinj.

(3) Alphabet en vieux slave utilisé pour traduire la Bible pendant l'évangélisation des Balkans.


 


 

Par Jean-Louis Tremblais

Source : lefigaro.fr, le 19 août 2016.


 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Localités et destinations

Publié le 10 Août 2016

Cristal Union acquiert 17% du leader croate du sucre Viro

 

 

Cristal Union, numéro quatre européen du sucre, continue de préparer la libéralisation du marché en cherchant de nouveaux débouchés. Après avoir acquis l’intégralité du capital dans Eridiana Italia, le groupe coopératif français consolide son développement autour du bassin méditerranéen en prenant une participation minoritaire (17 %) dans le groupe sucrier croate Viro.

Leader du marché croate, présent dans les zones déficitaires du Sud de l’Europe, Viro détient deux sucreries-raffineries produisant environ 200 000 tonnes de sucre par an pour 150 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Cet accord fait suite à un partenariat de fourniture de sucre mise en place depuis plusieurs années entre les deux acteurs. Il renforce la puissance commerciale de la filiale Cristalco, déjà présente en Espagne, en Grèce et en Italie.

 

 

Par Pierre Christen
Source : processalimentaire.com, le 5 août 2016.

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Economie et mouvements sociaux

Publié le 9 Août 2016

Un terroriste nationaliste devient un combattant de la liberté

 

En Serbie comme en Croatie, l'actualité porte en partie sur la façon dont on se souvient des faits historiques. Ici, on le voit, c'est la Croatie qui encense un ancien terroriste. Voici la traduction d’un article de Birn Insight, signé Sven Milekic.


 

Croatie - Une statue érigée pour l'assassin de l'ambassadeur

Des ministres du gouvernement ont assisté à l'inauguration de la statue de Miro Barešić, qui a tué un ambassadeur yougoslave en 1971 et qui est décédé en se battant pour la Guerre de l'indépendance de Croatie, 20 années plus tard.
 

Le ministre aux anciens combattants Tomo Medved était l'un des deux officiels de l'actuel gouvernement ad interim qui ont assisté à l'inauguration de la statue de deux mètres de haut dans la ville côtière de Draga, dimanche, décrivant Barešić comme un patriote qui s'est battu pour une Croatie indépendante.
«Miro Barešić est l'un des grands patriotes croates dont le travail et le sacrifice méritent notre respect», a déclaré Medved lors de la cérémonie.
«Des années durant, comme émigré et dans la Guerre pour la patrie [Domovinski rat] il s'est battu pour une Croatie libre et indépendante et il n'a jamais renoncé à ses idées, bien qu'il a ressenti l'injustice qui était systématiquement infligée aux Croates», a-t-il ajouté.
Barešić a été condamné à la prison à vie par les autorités suédoises, pour le meurtre de l'ambassadeur yougoslave Vladimir Rolović à Stockholm en 1971.
Mais lorsqu'un un avion scandinave a été détourné par des militants croates armés en 1972, il a été libéré de sa prison, ainsi que cinq autres hommes qui ont participé au meurtre, et ce afin de remplir les demandes de rançon des pirates de l’air.
Il a reçu la permission de se rendre au Paraguay, qui était célèbre à l’époque pour servir de lieu de cache pour des personnes recherchées, comme le docteur nazi Engeôle et le dictateur nicaraguayen militaire Anastasio Somoza Debayle.
En 1977 et 1978, il travailla même sous une fausse identité comme garde du corps et interprète pour l'ambassadeur du Paraguay aux USA.
Les autorités américaines ont demandé son extradition du Paraguay en 1978, sous la suspicion qu'il était impliqué dans l’extorsion d'argent des émigrants croates aux USA.
Après que les chargées lancées contre lui furent tombées, il fut extradé en Suède en 1980.
Sa sentence fut réduite à 18 années de prison en 1985, et il quitta la prison en 1987 pour retourner au Paraguay, où il vécut jusqu’à son retour en Croatie en 1991.
Il fut tué par les forces serbes rebelles, dans le sud de la Croatie, le 31 juillet de cette année 1991.
Un de ses cousins, Ante Barešić, qui a initié le projet d'érection d'une statue, a déclaré au journal croate Slobodna Dalmacija que son frère était un combattant de la liberté.
«Je crois profondément que Miro n'a jamais été un terroriste, ni un Oustachi [fascistes de la Seconde guerre mondiale], ce qu'il ne pouvait être en raison de son année de naissance [1950]… Mais il était un nationaliste croate et un combattant de la liberté pour l’État croate. Et toute personne qui pense différemment ne dit pas la vérité», a déclaré Barešić.
Il a affirmé que Miro Barešić n'avait pas l'intention de tuer l'ambassadeur mais de le kidnapper et l'échanger contre des prisonniers croates. Il insistait sur le fait que le kidnapping a mal tourné, après que Rolović ait sorti un pistolet, il fut tué par Barešić.
Le controversé ministre de la culture Zlatko Hasanbegović a, lui aussi, assisté à l'inauguration de la statue, ainsi que des officiels du parti de droite Parti croate du droit – Ante Starcević, qui fait partie de la coalition gouvernementale sortante.
Le général de l'époque de guerre Ante Gotovina était aussi présent, tout comme Dražen Keleminec, le président controversé du parti d'extrême-droite Parti croate du droit – Autochtones, qui avait tenté d'empêcher une commémoration antifasciste dans le village de Srb mercredi dernier.
Un groupe d'hommes dont les t-shirt portaient les insignes de l'unité des forces de défense paramilitaires Rafel Boban ont quant à eux entonné le slogan fasciste «Za dom spremni» (Prêts pour la patrie), lors de l’inauguration de dimanche.


 

Par Dragan Grcic

Source : serbie-droitshumains.blogspot.com, le 3 août 2016.

url : http://serbie-droitshumains.blogspot.com.es/2016/08/croatie-un-terroriste-nationaliste.html​


 

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Oustachisme, #sectarisme et extrêmisme

Publié le 8 Août 2016

Belgrade et Zagreb n'arrivent pas à tourner la page


 

Les relations entre Zagreb et Belgrade ne cessent de se détériorer depuis des semaines, l’âpreté des échanges témoignant de l’incapacité des anciens ennemis à tourner la page.

 

« Renaissance du nazisme » en Croatie, accuse Belgrade. Rhétorique « rappelant les années 1990 », et l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, rétorque Zagreb.

Plus de vingt ans après la guerre qui a opposé Croates et Serbes entre 1991 et 1995 faisant 20 000 morts, les deux pays, piliers de la stabilité régionale, entretiennent des relations exécrables.

La Croatie, membre de l’UE depuis 2013, et la Serbie qui négocie son adhésion au club des 28, affirment être attachées aux valeurs européennes mais, dans la pratique, elles peinent à se défaire du passé.

« Les querelles sont utiles pour détourner l’attention » alors que Belgrade et Zagreb sont « incapables de résoudre le moindre problème », note l’analyste politique serbe Dušan Janjić.

La Croatie traverse une crise politique sans précédent et retournera aux urnes en septembre après seulement cinq mois aux affaires de la droite nationaliste (HDZ), alors que la Serbie n’a toujours pas formé son nouveau gouvernement issu lui aussi d’élections anticipées.

Les célébrations vendredi en Croatie de sa victoire dans l’opération Tempête (août 1995), qui lui avait permis de reconquérir des territoires contrôlés par des sécessionnistes serbes, ont comme à l’accoutumée donné lieu à des échanges acerbes.


 

Éclatante victoire ou pogrom ?

À Zagreb, plusieurs ministres ont salué l’« éclatante victoire de la Croatie qui a libéré son territoire de l’occupant serbe ». Un « pogrom », a rétorqué le Premier ministre serbe, Aleksandar Vučić.

Des centaines de Serbes – 667 personnes selon le Comité Helsinki, et 2 500 selon le gouvernement serbe – ont été tués pendant et après cette opération, et plus de 200 000 ont fui la Croatie. Les Serbes, qui représentaient 12% de la population de Croatie avant la guerre, ne constituent donc plus qu’environ 4% des quelque 4 millions d’habitants du pays.

Jeudi, lors d’un hommage aux victimes serbes, Aleksandar Vučić a même évoqué « une solution finale criminelle » et « le plus grand nettoyage ethnique de l’histoire de l’Europe moderne », dans une allusion au camp Jasenovac, l’« Auschwitz croate » créé par le régime des Oustachis pendant la Seconde guerre mondiale.

Le musée du Mémorial de l’Holocauste à Washington évalue à 100 000 le nombre des victimes, serbes pour la plupart, les estimations des historiens locaux allant de 82 000 morts, selon le musée de Jasenovac, à 700 000, selon les sources serbes.

Avant même les commémorations de cette semaine, la tension était palpable entre les deux pays, conséquence, selon l’analyste croate Davor Gjenero, de la décision de Bruxelles d’ouvrir en juillet deux nouveaux chapitres de négociations avec la Serbie, en dépit de la ferme opposition de la Croatie.

La justice croate a depuis cassé la condamnation d’un ancien député reconnu coupable de crimes de guerre à l’encontre de civils serbes, et annulé la condamnation il y a 70 ans du cardinal Alojzije Stepinac pour collaboration avec le régime pronazi croate.


 

Questions litigieuses en suspens

Autant de décisions qui ont été perçues à Belgrade comme une révision du passé, et qui ont amené la Serbie à dénoncer à Bruxelles ce qu’elle considère être une dérive nationaliste de la Croatie.

La goutte qui a fait déborder le vase a été, il y a une semaine, l’inauguration d’un monument en hommage à Miro Barešić, un nationaliste croate condamné à perpétuité en 1971 en Suède pour avoir participé à l’assassinat de l’ambassadeur de Yougoslavie à Stockholm.

« La complaisance du pouvoir envers les activités de l’extrême droite […] a directement provoqué la détérioration des relations », estime l’analyste Ivo Rimac de l’université de Zagreb. La réaction de Belgrade est « logique », ajoute-t-il tout en rappelant que, l’an dernier, la réhabilitation par la Serbie du général royaliste Dragoljub Mihailović, dit « Draža », condamné à mort pour collaboration avec les nazis, avait elle aussi provoqué l’ire de Zagreb.

En juin, la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarović et le Premier ministre serbe Aleksandar Vučić avaient bien signé une déclaration conjointe sur « l’amélioration des relations », à l’occasion d’une rare rencontre entre responsables serbo-croates.


 

Mais, souligne l’analyste serbe Aleksandar Popov, « aucune question litigieuse n’a été résolue » entre les deux capitales, alors que « les Balkans sont à la périphérie des problèmes de l’UE ».


 

Source : euractiv.fr, le 8 août 2016.

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Serbie-Croatie

Publié le 5 Août 2016

Succession de Ban Ki-moon: la Croate Pusic se retire


 

L'ancienne ministre croate des Affaires étrangères Vesna Pusic s'est retirée jeudi de la course à la succession de Ban Ki-moon comme secrétaire général de l'ONU.


 

Sa défection, la première parmi les nombreux candidats, intervient à la veille d'un deuxième tour de scrutin prévu vendredi au Conseil de sécurité pour choisir le futur diplomate en chef. Celui-ci ou celle-ci prendra ses fonctions en janvier.

Dans une lettre adressée aux présidents de l'Assemblée générale de l'ONU et du Conseil de sécurité, Mme Pusic reconnait qu'elle n'a pas obtenu les résultats escomptés lors du premier vote qui a eu lieu le 21 juillet.

"Je souhaite faciliter la poursuite du processus (de sélection) en retirant ma candidature", écrit-elle. Mme Pusic était arrivée en dernière position parmi douze candidats en lice. Elle avait reçu onze votes l'incitant à abandonner la course et deux votes seulement l'encourageant à continuer, parmi les 15 pays membres du Conseil de sécurité qui votaient.

La sélection du secrétaire général est du ressort du Conseil, où les cinq grandes puissances (Etats-Unis, Royaume-uni, France, Chine, Russie) ont un rôle prépondérant et un droit de veto. L'Assemblée générale entérine ensuite ce choix.

Après le retrait de Mme Pusic, il reste six hommes et cinq femmes en lice, dont sept viennent d'Europe de l'Est. Une tradition de rotation voudrait que le poste revienne à cette région, qui n'a pas encore eu de secrétaire général.

L'ancien Premier ministre portugais Antonio Guterres est arrivé en tête à l'issue du premier vote, devançant l'ex-président slovène Danilo Turk.

Suivaient dans l'ordre la patronne de l'Unesco Irina Bokova, à égalité avec Vuk Jeremic (Serbie) et Srgjan Kerim (Macédoine), juste devant l'ex-Première ministre néo-zélandaise Helen Clark. Selon des diplomates, les écarts devraient se resserrer à l'occasion du deuxième tour entre les candidats les mieux placés.


 


 

Source : levif.be, le 5 août 2016. 

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Hommes politiques, militaires et diplomates

Publié le 1 Août 2016

Héraut du cannabis thérapeutique et menacé de prison


 

Huanito Luksetic a gagné: la Croatie a fini par autoriser une huile thérapeutique à base de cannabis, mais ce malade atteint de sclérose en plaques, qui a été le symbole de ce combat, risque la prison.


 

En octobre 2014, la police fait irruption dans sa maison près de Rijeka, sur la côte adriatique, dans le nord de la Croatie. "Je savais que cela allait arriver. Quand ils ont frappé à ma porte, c'était une sorte de soulagement", dit cet homme de 38 ans.  

Vingt kilogrammes de marijuana sont saisis. Il la cultivait dans son jardin pour fabriquer de l'huile destinées à apaiser les effets de la maladie.

 

Un an plus tard, la Croatie changeait sa législation après l'avis d'une commission d'experts, et autorisait un produit liquide à base de cannabis, contenu dans des gélules et importé du Canada. Cette décision est la conséquence directe du débat suscité dans le pays par l'arrestation de Huanito Luksetic.

 

Les effets bénéfiques du cannabis pour les malades atteints de cancer, du virus du sida, d'épilepsie ou de sclérose en plaques sont avancés depuis des années par associations, patients et médecins. Et plusieurs pays les ont reconnus avant la Croatie: Allemagne, Pays-Bas, Italie...  

 

Mais si l'huile autorisée peut être vendue par les pharmacies depuis juillet sur prescription médicale, la machine judiciaire ne s'interrompt pas: Huanito Luksetic est poursuivi pour production et vente de marijuana. Le procès s'est ouvert cette année. Il risque douze ans de prison.

 

En 2008, Huanito Luksetic apprend qu'il est atteint d'une sclérose en plaques, maladie neurologique auto-immune évoluant par poussées, très handicapante.  

Face à l'absence de réponse de la médecine traditionnelle, il cherche des réponses alternatives: il installe une ruche chez lui et s'inflige des piqûres d'abeilles, ayant lu que leur venin pouvait avoir un effet; il se fait opérer des veines.  

Il se met à boiter, perd de la sensibilité, voit double, quand en 2011, il assiste à une conférence d'un Canadien, Rick Simpson, militant de la légalisation du cannabis thérapeutique.  

"J'ai réalisé que la qualité de l'huile de cannabis était la clé, et qu'il allait falloir que je la fasse moi-même pour en avoir", dit-il. Après trois semaines de son traitement, le boitement et les crampes s'en sont allés, dit-il.

 

- 'Maltraitance à malade' - 

 

Sa dizaine de jours de détention en fait un symbole. Il multiplie les interviews. "J'ai le droit de vivre, de me filer un coup de main sans que cela fasse de mal à quiconque", dit-il.  

Il clame sa volonté de continuer à cultiver du cannabis jusqu'à la fin de ses jours et qualifie les poursuites contre lui de "maltraitance à malade".

 

"Sans l'indignation de Huanito contre l'injustice et sans ses appels à l'aide, rien ne se serait passé", dit Ognjen Brborovic, patron d'une commission d'experts désignée avant l'autorisation.  

Le prix de ce produit, qui n'est pas remboursé par la sécurité sociale croate, les rend difficiles d'accès: entre 130 et 260 euros par mois quand le salaire moyen reste inférieur à 800 euros. 

"Ces traitements sont à vie", relève Vladimir Komparic, ancien médecin et chef d'une association des malades de la sclérose en plaque.

 

La potion est provisoirement indisponible, les stocks ayant été rappelés après un problème de fuites de gélules. Mais selon Aisa Zanki-Zelic, une pharmacienne de Zagreb, de nombreux patients se sont manifestés. A ses yeux, ce médicament est un progrès: "Nous savons exactement quels sont les ingrédients et leur quantité."

 

Même s'il sait que c'est illégal, Huanito Luksetic continuera de produire son huile, de meilleure qualité, assure-t-il. Il multiplie les conférences, a lancé une association, un site internet, est en contact avec des centaines de patients.  

Il affiche sa sérénité avant le verdict: "Je suis guéri et revenu à un point où je n'ai pas de symptômes". Il montre son jardin: "C'est ma santé".  

 

 

 

Source : lexpress.fr, le 31 juillet 2016.

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Artistes et personnalités diverses

Publié le 29 Juillet 2016

Le concert du nationaliste croate Thompson interdit
 

 

Les autorités de Schlieren (ZH) ont annulé la prestation musicale car «la sécurité publique n'est pas garantie».

 

 

Le concert que le chanteur nationaliste croate Marko Perkovic devait donner le 3 septembre à Schlieren (ZH) a été interdit par les autorités de la ville. La sécurité publique n'est pas garantie.

 

La décision a été prise en raison de nombreuses réactions négatives, ont indiqué vendredi les autorités. Les organisateurs ont été informés de l'interdiction. La «soirée croate» durant laquelle le chanteur aurait dû se produire est également annulée.

 

Marko Perkovic, qui chante sous le nom de scène de Thompson, est connu pour ses textes provocateurs glorifiant les fascistes croates. Deux de ses concerts avaient déjà été interdits à Dietikon (ZH) et à Lengnau (AG) en 2008.

 

En 2009, l'Office fédéral de la police avait interdit au chanteur d'entrer en Suisse. Le concert qu'il devait donner à Kriens (LU) avait alors été annulé.

 

Depuis, le chanteur peut à nouveau venir en Suisse. Il a donné un concert en décembre 2015 à Fribourg. Les organisateurs avaient alors contrôlé le choix de ses chansons.

 

Source : lematin.ch, le 29 juillet 2016.

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Musique

Publié le 26 Juillet 2016

IVAN GORAN KOVAČIĆ, UNE GRANDE FIGURE OUBLIÉE DE LA LITTÉRATURE CROATE

 

Qui est Ivan Goran Kovačić, auteur du poème Jama, désormais bien oublié de la littérature croate ? A la découverte d’un écrivain peut-être trop vite laissé de côté.

 

Cet été, j’ai eu du boulot, je me suis rendue en Croatie avec une traduction à peaufiner et à boucler au plus tôt. L’auteur est un Croate qui écrivait dans les années quarante du siècle dernier, le style est compliqué, un poète, auteur d’un poème appelé « Jama ». Le poème était devenu dans les années qui suivirent la Seconde Guerre mondiale un manifeste de la culture socialiste en Yougoslavie. Hélas, je ne connaissais pas Ivan Goran Kovačić et le premier impact est fort.

Le style est compliqué et archaïque, plus que recherché, très poétique pour de la prose, les mots s’enchaînent comme un chapelet d’images poétiques soignées et riches, le texte se développe sous mes yeux au fur et à mesure que j’en saisis le significat. Je sens que le Dehanović-Jernej, le dictionnaire que j’utilise d’habitude, n’est pas suffisant pour m’aider à bien rendre l’auteur. Heureusement les vacances en Croatie sont proches, outre à des bains de mer, je pourrais profiter du bain dans la langue croate pour mieux apprécier l’auteur.


 

A LA RECHERCHE DE KOVAČIĆ

Invitée à un repas chez des amis de famille, je commence à me renseigner sur l’auteur. Je découvre que c’est un auteur du Gorski Kotor, le croate parlé là-bas, la variante kajkave, est un peu différent de celui de l’Istrie dont j’ai l’habitude. A cela il faut ajouter que l’auteur ayant écrit dans la première moitié du siècle passé, dans un style volontairement recherché, est loin du langage courant.

Je continue mon enquête auprès des membres de la famille et là je découvre, à ma grande surprise, que Kovačić est un auteur désormais éliminé des programmes scolaires. Seuls les quadragénaires, ou les personnes plus âgées, se rappellent encore de lui, surtout de son poème « Jama ». Les générations successives n’en savent rien ou presque. A mon retour chez moi, je recueille d’autre renseignements sur l’auteur et en particulier je découvre dans un essai paru en Italie en préface de la traduction du poème « Jama » que l’auteur était présent dans l’histoire de la littérature croate de Dubravko Jelčić, mais, d’après l’opinion de l’auteur, que Jelčić lui avait donné peu d’importance, du moment que l’auteur avait subi un ostracisme de la part de la culture croate des années quatre-vingt-dix en tant que représentant d’un genre littéraire, la littérature partisane, qui n’était plus de mode dans la Croatie de l’après indépendance. Je vérifie ce renseignement directement sur le Jelčić et en effet je trouve qu’à Kovačić ne sont dédié que deux pages, mais cela est le cas aussi de bien d’autres auteurs traité dans le livre. Si le Jelčić s’arrête davantage sur l’auteur c’est pour souligner qu’il meurt par main céthnique, parallèlement au sort subi par la nation croate dans les années quatre-ving-dix. Le livre de Jelčić paraît en 1997.


 

KOVAČIĆ RETROUVÉ

Ivan Goran Kovačić nait à Lukovdal le 21 mars 1913. Il quitte sa ville natale et le milieu rural auquel il appartient pour aller à étudier la slavistique à Zagreb. Il abandonne vite ses études pour travailler dans la presse en continuant à cultiver ses intérêts intellectuel, il écrit des poésies (aussi en kajkave), des essais, des articles sur des sujets différents : littérature, art, cinéma, il était aussi traducteur.

Il participe aux affrontements de la Seconde Guerre mondiale en tant que partisan et il est tué en 1943 à Vrbnica, près de Foča (Bosnie-Herzégovine), dans des circonstances peu claires. Son poème, « Jama », sur les atrocités de la guerre, nous est transmis d’après une transcription faite à partir de sa première lecture en public quelque temps avant la mort de l’auteur.

Dans La peur dans l’art, essai écrit en 1940, lorsque l’auteur parle de la peur des gens, il la décrit comme n’étant plus « un mystérieux atout de leur jeu de carte ». Cela serait valable aussi aujourd’hui, loin de toute menace on n’est concerné que par les petit soucis et tracas de nos propres vies quotidiennes, par la vague inquiétude de ne pas réussir sa vie, faute de chance. D’après Kovačić la peur des gens est décrite avec l’image d’un homme essayant de se sauver d’un bombardement tombant sur sa ville, en plein après-midi. Lorsque, réveillé de façon abrupte de son sommeil d’après repas par le bruit des avions volant sur sa tête, il doit vite chercher un refuge. Avant tout il se cache naïvement dans le couloir de la maison et au moment où, les maisons s’écroulent autour de lui, il descend dans la rue et là « des milliers de silencieux projectiles, comme du sable et des guêpes, volent dans l’air ; lui reste accouché et d'un coup il s’aperçoit, qu’il ne peut pas se lever, comme si on lui avait détaché ses propres jambes découpées ... Les nerfs sont trop tendus, il se réanime et tout éprouvé il tombe dans les nouvelles profondeurs des horreurs modernes ».

Une vision plutôt « balkanique » et fataliste de la guerre...

La peur ne serait plus donc de ne pas disposer de bonnes cartes à jouer sur la table de jeu de la vie, mais de garder sa propre vie menacée par la guerre. Et la guerre, elle est vue comme quelques chose d’imprévisible tombant du ciel, comme une malédiction des dieux faisant partie d’un jeu et avec des enjeux plus grands que ceux appréciables à partir de la perspective et des intérêts des individus pris singulièrement. Cette description qui aurait du être, et rester, j’ajouterais, valable pour 1940, en prévision de ce que la deuxième guerre mondiale aurait apporté, elle est bel et bien valide aussi pour décrire ce qu’il s’est passé en Croatie dans les années quatre-vingt-dix, lorsque le simple citoyen a été surpris par la guerre, qui lui est directement tombée du ciel sur la tête comme dans l’image utilisée par Kovačić.

Et pourtant, en lisant cette description de la peur des gens et de la guerre faite en 1940, ce qui m’est revenu à l’esprit c’est une poésie d’un autre poète croate Nikola Milićević « Možda je tako pisano » (« Peut-être était-ce écrit ainsi »), ou on parle de la guerre en Croatie comme de quelque chose qui a eu lieu, parce qu’elle était peut-être écrite, et d’après la lecture de Kovačić, elle était aussi écrite dans ses mots à lui, cinquante années avant. D’ici l’intérêt de relire du Kovačić, de redécouvrir un auteur trop vite oublié.

 

Par Déborah Grbac

 

Source : courrierdesbalkans.fr, le 25 juillet 2016.

 

url : https://www.courrierdesbalkans.fr/bazar/blogs/les-balkans-moi-et-l-europe-le-blog-de-deborah-grbac/litterature-croate-a-la-decouverte-d-ivan-goran-kovacic.html

 

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Ecrivains

Publié le 22 Juillet 2016

La Lituanie et la Croatie renforcent leur coopération dans la défense et l’énergie


 

 

Vilnius, Lituanie – Les présidents de la Lituanie et de la Croatie ont, lors de leur réunion, salué ce jeudi la décision de l’OTAN de renforcer son flanc oriental et déployer des bataillons internationaux dans les États Baltes et la Pologne. Il était aussi question de partenariat énergétique.


 

« Une fois que le nouveau parlement Croate sera formé, il sera décidé combien de troupes pourront venir ici », a dit Kolinda Grabar-Kitarović, présidente croate, lors d’une conférence de presse conjointe avec la présidente de la Lituanie Dalia Grybauskaite. Lors de la réunion, la présidente Croate a aussi dit que Zagreb allait rejoindre le bataillon de l’OTAN dirigé par l’Allemagne. Grybauskaite a parlé d’une « agréable surprise » concernant l’annonce de la Croatie. La Lituanie et la Croatie sont liés par des liens politiques et économiques solides et les deux pays ont tenu des positions proches sur les questions clés de l’UE et de l’OTAN.

La Lituanie a été parmi les premiers pays à reconnaître l’indépendance croate il y a 25 ans, de plus, ce fut pendant la présidence lituanienne de l’UE que la Croatie est devenue membre de l’UE. En parallèle, une attention particulière au cours de la réunion s’est focalisée sur la mise en œuvre de projets énergétiques stratégiques. La Croatie voit la Lituanie, qui possède un terminal méthanier installé en l’espace de seulement trois ans, comme « un exemple de succès pour assurer la sécurité énergétique nationale et divers approvisionnement », a dit la présidence lituanienne dans un communiqué.

Suivant les traces de la Lituanie, la Croatie envisage de construire un terminal méthanier similaire voilà pourquoi les spécialistes croates sont intéressés par l’expérience de la Lituanie en ce domaine. Grabar-Kitarović lors de la conférence de presse a déclaré « il est important de lier nos savoir-faire en matière d’infrastructure dans l’optique d’atteindre un niveau d’intouchabilité énergétique où personne ne pourrait nous dicter quoique que ce soit », affirmant ses vélléités d’indépendance en matière d’énergie.

Lors de cette visite, le ministre de l’énergie de la Lituanie Rokas Masiulis et son homologue croate Tomislav Panenic ont signé un protocole d’entente mettant en lumière le partenariat stratégique entre les deux pays dans le domaine de l’énergie. La présidente lituanienne Grybauskaite a également souligné l’importance de développer les relations commerciales bilatérales dans plusieurs autres domaines.

 

 

Source : visegradpost.com, le 22 juillet 2016.

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Lituanie-Croatie

Publié le 15 Juillet 2016

RTL lance une chaîne pour la diaspora croate

L’opérateur RTL Croatia, filiale du groupe RTL, vient de lancer la chaîne RTL Croatia World, la première chaîne dédiée aux Croates vivant à l’étranger.

Cette nouvelle chaîne propose une grille de programmes composée d’information et de divertissements, avec notamment le meilleur des spectacles et des séries diffusés par la chaîne RTL Croatia.
Inséré dans la stratégie de croissance de l'opérateur, et faisant suite au lancement de trois chaînes câblées l’an dernier, ce lancement est destiné à la diaspora vivant en Europe – en Autriche et en Serbie par exemple – mais également dans d’autres continents, et notamment en Amérique du Nord (Canada) et Océanie (Australie et Nouvelle-Zélande).

 

Source : telesatellite.com, le 14 juillet 2016.

 

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Littérature et médias