Publié le 18 Janvier 2017

Starco muscle ses capacités de production


 


 

Le manufacturier Starco a investi 2,5 M€ dans le renforcement de ses installations de production européennes afin de répondre à la demande. Les investissements se poursuivent en 2017 notamment sur l’usine de roues en acier de Croatie et sur l’usine de pneus en polyuréthane et de roues en polypropylène de Grande-Bretagne.


 

En 2017, Starco supprimera progressivement les activités du marché des pièces en Pologne et en France. "Un changement stratégique comme celui-ci peut évidemment engendrer de nombreuses questions dans le marché, autant sur notre futur que notre situation financière. Le fait est que notre direction est plus claire et plus alignée qu’auparavant, et que notre base financière est plus forte que les années précédente", explique Richard Todd, PDG de Starco.

"
Notre intérêt particulier pour l’OE est fondamental. Je pense vraiment que nous sommes le groupe qui apporte le plus de valeur à nos clients lorsque nous utilisons notre parfaite connaissance des applications, nos compétences de développement de produit, notre installation de production unique et bien sûr, sans oublier nos 55 ans d’expérience".

Cette décision aura un impact sur l’usine croate de roues en acier où une augmentation du volume de 20% est attendue pour 2017 suite aux investissements faits dans de nouveaux équipements et la méthodologie Lean. "
Cette année, nous avons doublé notre capacité de peinture et d’e-coat, doublé notre capacité de roues pressées, augmenté notre capacité de roues tournées de 40% et nous allons désormais commencer à investir dans des projets d’automatisation d’un bout à l’autre de l’usine en 2017. De nombreuses améliorations de notre rendement viennent toutefois d’idées de l’atelier de fabrication et d’une véritable culture axée sur l’amélioration continue", souligne Mario Biscan, directeur général de l’usine croate de Starco.

En Croatie, Starco est expert dans la production de roues en acier de qualité pour les remorques et les gros tracteurs. L’usine est de plus en plus proche des clients, et lors des 6 derniers mois, elle a proposé une solution complète avec une nouvelle ligne automatisée de montage de pneus pour servir les clients directement depuis l’usine.


 


 

Source : constructioncayola.com, le 17 janvier 2017.


 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Economie et mouvements sociaux

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Publié le 18 Janvier 2017

6. Les animaux confrontés aux clôtures anti-réfugiés


 

Le flux des réfugiés en 2015 a conduit plusieurs pays d’Europe à ériger des clôtures à leurs frontières... qui constituent maintenant une menace au flux migratoire des animaux.

Des lynx, des ours et des loups habitués jusque-là à voyager sans se soucier des frontières se trouvent coupés d’une partie de leur habitat ou, pire, trouvent la mort en essayant de passer à travers les fils barbelés. Le biologiste croate Djuro Huber a tiré la sonnette d’alarme en 2016 avec les photos de 11 cerfs roux trouvés morts le long de la clôture. Pour la faune locale, le recul est d’autant plus important que, depuis la chute de l’Union soviétique et la levée des frontières au sein de l’Union européenne, des groupes d’écologistes avaient commencé à créer une « ceinture verte » : un corridor naturel protégé qui, à terme, aurait couru de la frontière russo-finlandaise jusqu’à la Méditerranée. Mais tout s’est arrêté en 2015 lorsque la Slovénie et la Croatie, bientôt imitées par d’autres pays, ont érigé des clôtures de centaines de kilomètres de long.

 

Des biologistes norvégiens ont été les premiers, dans une étude parue en juin 2016, à en documenter l’impact : déclin des populations de lynx et baisse de la diversité génétique des loups. Dix des 11 groupes de ce dernier animal, en Slovénie et en Croatie, étaient habitués à se déplacer et à chasser des deux côtés de la frontière. Les chercheurs évoquent aussi l’expérience de leurs collègues nord-américains, qui ont étudié l’impact sur la faune locale des barrières érigées entre le Mexique et les États-Unis — et s’inquiètent de l’éventuelle construction d’un certain mur à la frontière du Mexique.


 

Source : sciencepresse.qc.ca, le 16 janvier 2017.

 

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Slovénie-Croatie

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Publié le 12 Janvier 2017

Emirates part pour la Croatie

 

Emirates Airline ouvrira en juin prochain une ligne vers Zagreb, la capitale de la Croatie et sa première destination dans les Balkans.

Emirates a annoncé jeudi le lancement au 1er juin 2017 d’un vol quotidien reliant son hub de Dubai-International à l’aéroport de Zagreb-Franjo Tuđman. Le service sera exploité en Boeing 777-300ER de 364 sièges, dont 12 en Première classe, 42 en Affaires et 310 en Économie. Les départs de Dubaï sont programmés tous les jours à 08h15 (arrivée à 12h20), et ceux de Zagreb à 15h35 (arrivée à 23h05).

Emirates sera sans concurrence directe mais Qatar Airways dessert déjà Zagreb depuis Doha. Emirates indique néanmoins qu’elle sera la seule compagnie à offrir un produit de Première classe entre Zagreb et le Moyen-Orient. La capitale croate accueille par ailleurs un seul autre service long-courrier, celui d’Air Transat en provenance de Montréal.

Dans un communiqué, Thierry Antinori, le directeur commercial d’Emirates, explique que ce lancement est « une progression naturelle » car la compagnie dispose d’une présence commerciale en Croatie depuis 2003. « Nous souhaitons également contribuer au développement des flux commerciaux et touristiques entre la Croatie et Dubaï, et encourager le tourisme en provenance du Moyen-Orient et de l’Asie-Pacifique où Emirates exploite 45 destinations » , ajoute-t-il.

Emirates souligne aussi que l’utilisation du 777 permettra d’offrir jusqu’à 16 tonnes de cargo par vol.

Zagreb est la première nouvelle destination annoncée par Emirates cette année. En 2016, la compagnie a ajouté 7 nouvelles lignes passagers et une nouvelle desserte cargo à son réseau, portant à 154 le nombre de ses destinations. Cebu et Clark aux Philippines, Yinchuan et Zhengzhou en Chine, Yangon au Myanmar, Hanoï au Vietnam et Fort Lauderdale aux États-Unis ont rejoint le réseau de destinations passagers, tandis que Phnom Penh au Cambodge a rejoint le réseau cargo.


 

Source : airinfo.org, le 12 janvier 2017.


 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Emirats arabes unis - Croatie

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Publié le 7 Janvier 2017

Le maire de Zagreb s’offre une piste de ski


 

Le très mégalo maire de la capitale croate, qui brigue un cinquième mandat malgré de forts soupçons de malversations, a fait transformer une rue en piste blanche.

 

Alors que la neige n’est pas au rendez-vous même sur les plus hauts sommets de Croatie, un épais tapis blanc s’étend désormais au cœur de la capitale, Zagreb. Il ne s’agit pas d’un caprice de la nature, mais du maire, Milan Bandic : 1000 mètres cubes de neige artificielle ont été déversés en plein centre-ville. ll a fallu acheminer et décharger quarante camions de fausse poudreuse afin de transformer une rue en piste de ski, entre la cathédrale gothique et la place principale.

A l’occasion des 50 ans de la fédération internationale de ski (FIS), le soir du 4 janvier, la «crème de l’histoire du ski» a descendu ce parcours de moins de 200 mètres: une vingtaine de vainqueurs de la Coupe du monde de ski alpin, dont son tout premier, le Français Jean-Claude Killy, désormais septuagénaire. Le projet s’inscrit dans le cadre d’une compétition de ski, «Snow Queen Trophy», qui se déroule chaque année en janvier à Sljeme, dans la montagne de Medvednica qui surplombe Zagreb.

«Cerise sur le gâteau»

Cette piste de ski citadine est une lubie de plus du maire de Zagreb, Milan Bandic. Coûteuse pour les résidents de la capitale, puisque la ville finance un quart du coût total du projet de 23 millions de kunas (plus de 3 millions d’euros). Pas rien, dans un pays où le salaire mensuel moyen est de 700 euros. Le maire a balayé les critiques d’un revers de main : «Nous avons le meilleur marché de Noël d’Europe où Dieu nous a permis de rentrer dans nos frais. Donc, on peut se payer ça […]. C’est la cerise sur le gâteau».

Les Zagrebois sont habitués à ces «cerises sur le gâteau». Comme ces WC surnommés les «WC dorés de Bandic» qu’il a fait construire en 2009 dans un arrêt de tram de la proche banlieue pour la modique somme de 11 000 euros le mètre carré – qui sont tout de suite tombés en panne. Selon les médias croates, le projet aurait fait partie d’un système de détournement d’argent pour financer les campagnes électorales de Bandic ainsi que pour son profit personnel. Cependant, la malversation n’a jamais été prouvée. L’année dernière, le maire a inauguré en grande pompe trois fontaines dans le centre de Zagreb. Interrogé sur leur coût élevé, Bandic s’est fâché : «Comment voulez-vous faire autrement pour que Zagreb devienne comme Rome ? Rome a 224 fontaines, alors que Zagreb seulement 7 ou 8.»

 

Indétrônable

Maire de Zagreb, centre du pouvoir politico-économique du pays, depuis 2000 – il a dû démissionner en 2002, pour s’être enfui après avoir causé un accident et conduite en état d’ivresse, puis est réélu chaque élection depuis 2005 – Bandic semble indétrônable. Cité dans de nombreuses affaires de corruption depuis ses débuts en politique, il a été arrêté à deux reprises, en 2014. Aussitôt relâché, il a retrouvé ses fonctions. En 2017, il espère briguer son cinquième mandat. Et avec les municipales qui approchent (elles auront lieu en avril), toutes les occasions sont bonnes pour faire campagne.

A la grande joie des internautes, qui s’amusent déjà à deviner les prochains exploits de Bandic. Quelques photomontages qui circulent sur Internet proposent par exemple d’installer un tremplin de saut à ski au lieu du funiculaire menant à la ville haute. D’autres suggèrent de couvrir de neige la fontaine installée sur la place principale pour en faire un terrain de hockey.

 


Par Jelena Prtoric
Source : liberation.fr, le 6 janvier 2017. 

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Hommes politiques, militaires et diplomates

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Publié le 4 Janvier 2017

Agrokor et Ardo investissent 50 millions d’euros dans le site de production Vinka


 

Agrokor et Ardo signent un accord de coentreprise qui permettra à Vinka de devenir une usine de référence en Europe de l’Est pour la fabrication de légumes et fruits surgelés

Le groupe croate Agrokor et le groupe belge Ardo ont signé aujourd’hui un accord de coopération et un contrat de coentreprise à l’usine de production Vinka à Vinkovci. L’accord a été signé par Ivica Todorić, Président du groupe Agrokor et Bernard Haspeslagh, Chief Operations Officer d’Ardo, en présence de Domagoj Franić, Directeur de Vinka, Vladimir Džaja, Directeur de PIK Vinkovci, Božo Galić, préfet du comté de Vukovar-Srijem et Mladen Karlić, maire de Vinkovci, ainsi que des sous-traitants agricoles de Vinka et de nombreux autres invités.

Par la signature de ce contrat d’une valeur de 50 millions d’euros, les deux entreprises sont désormais propriétaires à parts égales de la société Vinka d.d. Grâce à cette collaboration en coentreprise, Vinka deviendra une usine de référence en Europe de l’Est pour la fabrication de légumes et fruits surgelés. Cela se fera par un investissement considérable et la consolidation des connaissances agricoles, industrielles et du marché des deux groupes, engendrant des économies d’échelle. Des investissements significatifs sont prévus pour accroître la capacité de production, dont le volume quadruplera au cours de la prochaine période, pour passer de 15 000 tonnes actuellement à 60 000 tonnes de légumes et fruits surgelés. Cette augmentation considérable de la capacité de production créera également un grand nombre de nouveaux emplois.

Pour Ardo, ce contrat représente une nouvelle extension des activités en Europe centrale et orientale. Au titre de cette coentreprise, Vinka fera partie du réseau industriel d’Ardo, assurant une solide base de fabrication avec un partenaire local fort et réputé. À l’occasion de la signature du contrat de coentreprise, Bernard Haspeslagh, Chief Operations Officer d’Ardo a commenté : « Cette coentreprise concrétise un partenariat à long terme dans le cadre duquel nous pourrons échanger et développer des connaissances en matière de production et de traitement des légumes et fruits surgelés, dans un marché en pleine croissance. Le potentiel agricole d’Agrokor allié aux connaissances industrielles d’Ardo ouvre la perspective d’une production de premier plan en Europe de l’Est. Nous croyons fermement au potentiel agricole de la vallée du Danube. La combinaison des productions de Vinka et de l’usine autrichienne existante d’Ardo dans cette vallée fertile donnera lieu à une gamme de produits complémentaires pour le marché d’Europe de l’Est. »

Ivica Todorić, Président du groupe Agrokor souligne : « Jusqu’à présent, Agrokor a investi près de 25 millions d’euros dans Vinka. Nous avons amélioré la société sur le plan financier et opérationnel. Agrokor a choisi Ardo comme partenaire stratégique pour accroître les volumes de production actuels et les porter de 15 000 tonnes à 60 000 tonnes. Avec notre partenaire Ardo, nous allons augmenter la production et l’emploi, avec la création de plus de 100 postes.

Il est particulièrement important de noter que cette augmentation de la production se traduira par l’exportation de produits croates vers plus de 60 marchés différents dans le monde entier où le groupe Ardo est présent. C’est une grande opportunité pour notre production intérieure et pour nos sous-traitants, qui leur permettra d’entrer sur de nouveaux marchés. Grâce à ces investissements, le nombre actuel de partenaires de coopération passera de 80 à plus de 300 sous-traitants, qui produiront sur des milliers d’hectares de terrain. »

Božo Galić, préfet du comté de Vukovar-Srijem, s’est lui aussi félicité de cette coopération, disant : « Vinka a longtemps été une entreprise publique et après l’échec des initiatives de plusieurs sociétés, Agrokor est parvenu à revitaliser l’entreprise en peu de temps par des investissements substantiels, ouvrant un potentiel énorme pour notre comté. Je me réjouis que le groupe belge Ardo ait identifié ce potentiel en tant qu’investisseur étranger et je suis certain que la signature d’aujourd’hui marquera une étape dans le développement et les opérations de l’usine de Vinka. En même temps, cet investissement ouvrira de nouvelles perspectives pour nos agriculteurs et stimulera toutes les autres activités économiques, favorisant ainsi l’emploi aussi dans notre comté. »


 

Source : ardo.com, le 8 juin 2016.

 

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Publié dans #Economie et mouvements sociaux

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Publié le 3 Janvier 2017

Groupe Agrokor

 

Le groupe Agrokor, la plus grande entreprise privée en Europe du Sud-est, compte quelque 60 000 employés et réalise un chiffre d’affaires total consolidé de 7 milliards d’euros. Les activités fondamentales du groupe Agrokor sont la production et la distribution de denrées alimentaires et de boissons, ainsi que le commerce de détail. Parmi les sociétés membres du groupe, citons Jamnica d.d., le plus grand producteur d’eau minérale de Croatie, Ledo d.d., la plus grande société de crème glacée de Croatie, Zvijezda d.d., le plus grand producteur domestique d’huile, de margarine et de mayonnaise, PIK Vrbovec d.d., la plus grande entreprise croate de viande, Belje, la principale société agricole et industrielle de Croatie et les plus grandes chaînes de détail Konzum d.d. et Poslovni sistemi Mercator d.d, ainsi que d’autres sociétés. Outre ses établissements basés en Croatie, Agrokor a acheté ces dernières années des entreprises établies dans plusieurs pays voisins, notamment Ledo Čitluk, Sarajevski kiseljak, Velpro Sarajevo, Frikom, Dijamant, Idea, Mercator, Ledo Hungary et Fonyodi.

Les positions dominantes des sociétés d’Agrokor se reflètent dans leurs parts de marché remarquables. Ledo domine le marché croate de la crème glacée. Zvijezda s’octroie la plus grande part du marché des margarines et des huiles alimentaires, tandis que Jamnica est en tête du marché de l’eau en bouteille en Croatie. Konzum est la plus grande chaîne de détail de Croatie et PIK Vrbovec est la principale entreprise de viande de la région. Grâce à une vision commerciale claire, une stratégie uniformément appliquée dans l’ensemble de l’entreprise et des projets d’investissements soigneusement planifiés, Agrokor a grandi depuis sa création il y a 30 ans : d’une petite entreprise familiale de production et de vente de fleurs, elle est devenue le groupe leader de l’industrie alimentaire et du commerce de détail dans la région.


 

Source : ardo.com, le 8 juin 2016.


 

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Publié dans #Economie et mouvements sociaux

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Publié le 31 Décembre 2016

Le professeur Ivica Puljak donnera une série de cours sur le Higgs à l'École polytechnique

 

Le professeur Ivica Puljak, de l'université de Split, est un grand expert du boson de Higgs. Il passera l'hiver 2016-2017 à l'École polytechnique dans le cadre du programme "Distinguished Visiting Professors". À cette occasion, il donnera une série de cours sur la physique du boson de Higgs au programme du M2 "physique des hautes énergies".

Pendant son séjour à l'École polytechnique, son groupe sera accueilli au Laboratoire Leprince-Ringuet (LLR), où il conduira un programme de recherche en deux volets au sein de la collaboration CMS: il étudiera la physique du boson de Higgs grâce aux désintégrations en quatre leptons, et il préparera l'optimisation du calorimètre électromagnétique du détecteur CMS. Ce projet s'inscrira dans la continuité de sa fructueuse collaboration de long terme avec ses collègues du LLR, initiée en 1994. Des exemples récents de projets communs menés à bien sont la découverte et la mesure des propriétés du boson de Higgs à l'aide du détecteur CMS (qui ont été récompensées du prix des hautes énergies et de physique des particules de la Société européenne de physique), auxquelles les groupes du LLR et de l'université de Split ont contribué de manière cruciale.

Après un bachelor à l'université de Split et un master à l'université de Zagreb, Ivica Puljak est venu à l'École polytechnique pour y préparer sa thèse de doctorat, qu'il a soutenue en 2000. Depuis 2011, il est Professeur de physique à l'université de Split.

 

 

Source : portail.polytechnique.edu, le 26 juin 2016.

 

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Scientifiques

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Publié le 28 Décembre 2016

À la découverte du Croatia Berlin


 

Tout commence avec l’idée d’un mini-trip pré-Noël à Berlin et, comme pour tout amateur d’alter-foot qui se respecte, le devoir d’établir une liste de matches à visiter. L’exercice n’est pas difficile car, au-delà de l’évidence du FC Union, la capitale allemande regorge d’équipes improbables, parfois empreintes d’une histoire riche et insoupçonnée. Hasard du calendrier, notre choix s’est porté cette fois-ci sur un club très « footballski » dans l’âme : la SD Croatia Berlin. Portait d’une équipe à part, entre Histoire avec un grand « H » et vin chaud bon marché.

Nous sommes le dimanche 18 décembre. Le beau soleil d’hiver et le froid sec des derniers jours ont laissé place à un ciel gris, traversé par une fine pluie à vous glacer les os. Pourtant, impossible de rester au chaud à l’hôtel ou devant la télé du fumoir d’un Kneipe : la Sportsko društvo (association sportive) Croatia Berlin évolue en Berlin-Liga, soit la sixième division allemande, le premier échelon de la pyramide à épouser exclusivement les frontières du Land. Pour assister aux prouesses dominicales de ces héros du gazon anonymes, pas d’alternative : il faut se rendre au stade Friedrich Ebert, sis dans l’arrondissement de Tempelhof.

Pour la parenthèse culture, Friedrich Ebert n’a rien à voir avec le football. Nos lecteurs les plus férus d’Histoire se rappelleront de ce social-démocrate berlinois pur jus comme ayant été le premier président de la République de Weimar suite à l’abdication de l’Empereur Guillaume II en 1918. Pour les autres, son nom évoque principalement une fondation éponyme associée au SPD ou le stade susmentionné dont le résident principal n’est autre que l’équipe des jeunes du Viktoria Berlin, pensionnaire de Regionalliga (D4). Fridriech Ebert n’a rien à voir non plus avec la Croatie et pourtant, c’est sur le champ de patates qui porte son nom que joue tous les quinze jours l’équipe de la communauté croate berlinoise.


 

DES TRAVAILLEURS-INVITÉS AUX RÉFUGIÉS : QUATRE DÉCENNIES D’IMMIGRATION CROATE EN ALLEMAGNE

La présence de Croates en Allemagne est attestée dès le XVIe siècle à travers la figure de Matthias Flacius Illyricus, un théologien protestant né à Istra en 1520. Jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale, la communauté ne représente qu’une poignée d’individus actifs dans l’industrie, principalement minière. La première grande vague d’immigration vers l’Allemagne (de l’Ouest, cela va de soi) a eu lieu dans les années 1960, à travers les accords entre la RFA et la Yougoslavie sur les gastarbeiter (littéralement, les » travailleurs-invités « ). Les Croates représentent alors environ 33% des 775 000 Yougoslaves concernés. L’année 1967 marque le début du Printemps croate (Hrvatsko proljeće) qui, à l’initiative d’un groupe de poètes et écrivains, réclamait plus de droits civiques, à commencer par le droit de porter sa nationalité ethnique à part entière. Au vu de la répression étatique organisée contre le mouvement, nombre de citoyens de la région profitèrent de la stratégie de non-alignement voulue par le Maréchal Tito pour émigrer à leur tour vers l’Allemagne. Au cours de la décennie 1970, la loi sur le regroupement familial fut promulguée et les travailleurs-invités purent faire venir leurs proches parents en RFA. Avec environ 1,1 million d’entre eux en 1973, ils représentent alors la deuxième communauté immigrée la plus importante, juste derrière les Turcs !

Pourtant, seul un faible nombre d’entre eux choisit de se tourner vers Berlin. La capitale allemande était en effet encore divisée et offrait peu de perspectives d’emploi à ces personnes venues chercher une vie meilleure. Beaucoup se sont donc installés en Bavière ou dans la région de Stuttgart, située au cœur d’un important bassin industriel. Dans les années 1990, c’est une autre population qui vient compléter la communauté : celle des réfugiés fuyant la guerre des Balkans. On estime que 15% des Croates déplacés (soient 52 000 personnes) se sont tournés vers l’Allemagne, en raison de l’importante diaspora qui s’y était déjà établie. À la fin du conflit, peu sont cependant restés. La plupart est retournée au pays ou a migré vers une autre destination, notamment anglo-saxonne (Etats-Unis, Canada et Australie pour 1/5e d’entre eux).

 

LA RELIGION ET LE FOOTBALL

Le regroupement familial des années 1970 a donné lieu à l’enracinement d’une communauté à part entière. Il était donc logique que les grands piliers de la société croate se recréent autour d’elle. Dès 1965, une mission catholique voit le jour à Francfort avant de se répandre partout où l’Allemagne comptait un morceau de diaspora. À partir de 1969, on commence à dire la messe en langue croate et l’office religieux vient compléter les activités à caractère social déjà existantes. Avec l’établissement de nombreuses familles, l’intégration dans la société allemande est devenue un vrai défi. Mais en dehors de l’école ou du travail, on imagine la volonté de la diaspora de se retrouver entre soi, particulièrement lorsque la barrière de la langue constitue un obstacle de poids. Or, quel autre domaine peut se targuer de rassembler les individus au-delà de leurs croyances ? Gagné : le football.

Vous le savez sûrement, rares sont les équipes actuelles qui sont parvenues à conserver leur structure originelle. Si la Sportsko društvo Croatia Berlin est aujourd’hui la figure de proue footballistique de la communauté au sein de la capitale allemande, elle n’existe à proprement parler que depuis 1989. Avant cela, nombre de petits clubs s’étaient créés de part et d’autre de Berlin-Ouest avant de fusionner entre eux pour mieux se structurer. Prenons l’exemple des plus importants : le NK Croatia, fondé en 1973 et qui cohabite avec le SC Bratstvo, créé en 1971 par les travailleurs de l’entreprise zagreboise Industromontaza lors de leur arrivée à Berlin. Au-delà de l’objectif de se rassembler entre Croates, l’objectif était de contrer la législation en vigueur à l’époque, selon laquelle un club ne pouvait accueillir plus de deux étrangers dans son effectif. Son inscription sur les registres de la ligue de Berlin a fait jurisprudence dans toute l’Allemagne : désormais, une équipe entièrement composée d’étrangers, mais ouverte aux Allemands, allait pouvoir prendre part aux compétitions locales (comprenez, amateurs). Le cas du SC Bratstvo ouvrira la voie à la création d’autres équipes représentant d’autres communautés, notamment turques et son caractère multiethnique était précurseur de la composition actuelle de la population berlinoise.


 

Revenons en 1973 : il y a donc deux gros clubs croates à Berlin : le NK Croatia et le SC Bratstvo. Si le second a intégré les ligues amateurs de la fédération berlinoise, le premier évolue sous le patronage de la mission catholique que nous avons mentionnée plus haut et ne participe qu’à des rencontres amicales et à des tournois amateurs. En 1975, le NK Croatia intègre une compétition régulière informelle rassemblant des équipes communautaires yougoslaves, la Jugo-Liga. Cependant, parmi les conditions pour y participer, les clubs doivent abandonner toute étiquette nationaliste et porter un nom moins connoté. Le NK Croatia devient donc le NK Hajduk (les brigands, à comprendre au sens traditionnel et régional du terme). En 1987 se pose la question de l’avenir du club. Pour renforcer la structure sportive de la communauté croate, le NK Hajduk et le SC Bratstvo fusionnent, permettant ainsi au premier d’intégrer les championnats régionaux. Le nouveau club prend le nom de Bratstvo-Hajduk pendant une saison, avant de devenir, en 1988, le NK Hajduk 1973.

En interne, les dirigeants rêvaient de revenir au nom originel de l’équipe : Croatia. La chute du mur de Berlin en 1989 coïncidera avec les vingt ans de la mission catholique croate en Allemagne de l’Ouest. Lors de son assemblée générale, moult discours seront prononcés. Ils mettront en avant les progrès parcourus pour intégrer la société allemande en profondeur, sans jamais pour autant renoncer à sa double identité. Le Communisme n’ayant plus bonne presse et la Yougoslavie étant sur le point de péricliter, l’occasion est alors parfaite pour effectuer le retour aux sources : le NK Hajduk est débaptisé et, en intégrant dans sa structure des clubs mineurs (NK Livno, NK Velebit, NK Dinamo), devient la SD Croatia Berlin qui n’a plus changé de nom depuis 1989.

 

L’ÉQUIPE COMMUNAUTAIRE DEVENUE AMBASSADRICE

Depuis 1989 et sa refondation sous son statut actuel, le Croatia Berlin s’est profondément implanté dans le paysage footballistique berlinois. À son actif, quelques bons résultats dans les ligues amateurs, parfois couronnés de titres de champions de district qui lui valurent un certain nombre de promotions. En 1998, le club est à son apogée : il remporte le championnat régional de D4 et accède au troisième échelon national (à l’époque encore divisé en deux séries). Une performance qui ne durera qu’une saison. La différence entre monde amateur et semi-professionnel était trop grande et le Croatia échouera logiquement à la dernière place du classement. Son autre grand fait d’armes est à aller chercher en 1994. Le club parvient en finale de la Coupe de Berlin, dont le vainqueur gagne le droit de participer à la lucrative DFB Pokal, la coupe nationale. Mais là encore, l’exploit n’aura pas lieu et les rouge et blanc s’inclinent 2-1 avec les honneurs face à une équipe qui allait connaître une tout autre destinée par après : l’Union Berlin. Depuis, le Croatia fait l’ascenseur entre le huitième et le sixième échelon où il se maintient avec une certaine réussite depuis maintenant deux ans.


 

Pour l’anecdote, les Berlinois ont participé en 2007 à une compétition unique en son genre : un tournoi international d’équipes issues de la diaspora, organisés par la fédération croate de football, la fondation des Croates expatriés et le ministère des affaires étrangères. Il y représente l’Allemagne en compagnie du Croatia Essen, face à des clubs canadiens, étatsuniens, autrichiens, australiens et même français, mais échouera à la porte du tour final.


 

À la fin des années 2000, c’est une autre section du club qui le portera sur le devant de la scène : le futsal. En 2010 et 2011, le Croatia se paye le luxe de remporter deux coupes d’Allemagne d’affilée (il est toujours troisième au classement des vainqueurs). Des participations acquises, comme dans le cas du football sur herbe, grâce à ses titres en coupe régionale, qu’il a remportés à quatre reprises, de 2008 à 2012. Les victoires nationales de 2010 et 2011 étaient synonymes de qualification pour la Coupe d’Europe de futsal. À ce jour, le Croatia Berlin reste le seul club communautaire à avoir représenté l’Allemagne au plus haut niveau de ce sport, sans jamais pour autant réussir à sortir de la phase de poules.

À l’instar de beaucoup de clubs communautaires allemands (comme français d’ailleurs) la transition entre les générations a été synonyme d’une intégration croissante dans la société et d’un déplacement des raisons de se retrouver entre soi. Désormais, ceux-ci constituent l’étendard sportif d’une culture ou d’une religion, mais sont dans les faits ouverts à tous. Le Croatia ne fait pas exception à la règle et compte comme adversaires au sein de sa division, tant des clubs juifs ou turcs, que des équipes « neutres » de quartier.

En regardant son effectif de plus près, on constate que les noms croates ne sont pas forcément légion. Sur la feuille du match auquel nous avons assisté, moins de la moitié des joueurs alignés étaient de nationalité croate, bien que la plupart des noms soient à consonance slave et évoquent donc une bi-nationalité. Le reste est allemand, turc, voire cubain, en la personne d’un ovni nommé Alianni Urgellés Montoya, 35 ans et 40 sélections avec son pays. Passé par Guantanamo (le club, pas la prison), il a changé de cap en débarquant à Berlin en 2014 en signant au DJK SW Neukölln, une équipe amateur de l’arrondissement éponyme, avant d’être transféré au Croatia deux saisons plus tard.


 

 

La suite sur https://footballski.fr/a-la-decouverte-du-croatia-berlin

Par Julien Duez

 

Source : footballski.fr, le 27 décembre 2016.

 

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #La diaspora

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Publié le 27 Décembre 2016

LE ŠATROVAČKI, LA LANGUE CACHÉE DES BALKANS

 

 

Toute langue a son argot, son patois ou encore son verlan, le serbo-croate ne déroge pas à la règle avec le šatrovački.

Le verlan est une forme d’argot, qui consiste en l’inversion des syllabes d’un mot. Les plus anciennes formes de verlan connues en France datent du Moyen Âge, pourtant il s’est surtout développé depuis la deuxième moitié du XXe siècle. Cette forme de langage parlée plutôt dans les banlieues s’est popularisée grâce à son utilisation dans le cinéma ou la musique. D’autres langues utilisent aussi le verlan, et nous allons nous intéresser aujourd’hui à son pendant serbo-croate : le šatrovački.

La langue serbo-croate est apparue au XIXe siècle notamment par l’intermédiaire de Vuk Karađić, écrivain et linguiste serbe né en 1787 et mort en 1864. Il a réformé la langue serbe en proposant une langue littéraire serbe moderne suivant le principe phonétique : un son – une lettre. Il signa le 28 mars 1850 avec un autre écrivain serbe, cinq hommes de lettres croates et un linguiste slovène les « Accords de Vienne » qui permirent une unification des langues et de l’écriture du serbo-croate. Les premières collectes de données sur le šatrovački ne datent que du XXe siècle. La cause principale de ce retard réside dans le fait que la première préoccupation des linguistes était la normalisation de la langue. Depuis, de nombreux chercheurs, notamment certains en France comme Alma Sokolija ou Olivier Rizzolo ont écrit des articles sur le sujet.

Le šatrovački aurait été développé par des criminels en Yougoslavie afin de ne pas être compris par la police. Effectivement, la légende urbaine dans les rues de Belgrade dit que deux individus cagoulés allèrent voler des bijoux chez un diamantaire d’Anvers (Belgique), sans être arrêtés par la police. La seule trace permettant une quelconque investigation est la bande vidéo d’une caméra de surveillance, on y voit les deux malfaiteurs, et surtout on y entend nettement l’un dire à l’autre « zipa tebra rijamu ! », qui correspond en serbo-croate à « pazi brate murija ! », que l’on peut traduire par : « attention frère, la police ! ». La légende urbaine insiste sur le fait qu’une équipe de linguistes s’est penchée sur cet énoncé sans être capable d’en identifier la langue.

Aujourd’hui, ce langage est plutôt utilisé par les jeunes (ou par ceux voulant rester jeunes) dans les zones urbaines et les capitales comme à Belgrade, Zagreb ou Sarajevo. Pourtant chaque région dispose de son verlan spécifique, même s’il existe une base entre toutes les villes. Le šatrovački parlé dans la région de Vojvodina sera différent de celui parlé à Zemun.

Ce langage est aussi très utilisé dans les prisons, afin d’échanger des informations qui ne seront pas comprises par le personnel pénitentiaire. Certaines personnes ont appris le šatrovački dans les années 90 en appartenant à ce qu’on peut qualifier de milieu alternatif notamment à Belgrade. Les mouvements alternatifs des années 1980-90 ont constitué une réaction à la culture-modèle de la société. Ils lui opposaient une subculture, celle des marginalisés, avec une expression linguistique authentique. Il s’agissait d’une critique implicite de la dictature du standard aseptisé des années de langue de bois communiste.

Alors que les langues évoluent, nous avons pu le voir dernièrement en France avec la réforme de l’orthographe, le verlan évolue également. Dans les Balkans, le šatrovački parlé par un quadragénaire sera totalement différent de celui utilisé par les jeunes d’aujourd’hui.

De plus, il existe dans le šatrovački comme dans le verlan en France des emprunts aux langues des anciens colonisateurs, Turcs et Austro-Hongrois, longtemps bannis de la langue académique, et comme dans le verlan, l’ordre des syllabes est modifié.

Par exemple :

-Pivo (bière) devient Vopi,

-Fudbal (football) devient dbalfu,

-Sarajevo devient Rajvosa

-Zemun Zakon (les règles de Zemun, quartier de Belgrade) devient Munze Konza.

Enfin, il existe aussi d’autres formes de langage méconnues dans les Balkans comme le Utrovački : un dérivé du šatrovački un peu plus compliqué, le Banjački : un langage secret utilisé par les ouvriers du BTP dans la région de Podrinje pour ne pas se faire comprendre de leurs employeurs, ou encore le Meshterski : un langage secret utilisé en Bulgarie par des jeunes maçons pour ne pas être compris des entrepreneurs.


 

Par Thibaut Boudaud

Source : hajde.fr, le 30 mai 2016.

url de l'article : http://hajde.fr/2016/05/30/satrovacki-langue-cachee-balkans/

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Linguistique

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Publié le 26 Décembre 2016

Hockey: Bezina, héros local à Zagreb?


Le sixième épisode de notre websérie en Croatie vous emmène 
dans le Dom Sportova, patinoire du Medvescak Zagreb de Goran Bezina. 
Apprécié du public et très souvent mis sur le devant de la scène médiatique, 
le défenseur a été la figure emblématique du Genève-Servette et du 
hockey romand, notamment lors de ses 12 années sous le maillot grenat. 
Le Valaisan reste-il sous le feu des projecteurs à Zagreb? 
Découvrez notre reportage "en immersion" lors d’un match du Medvescak. 

La venue du club russe de Novokuznetsk, lanterne rouge du championnat de KHL, doit permettre au Medvescak Zagreb de se ressaisir ce mercredi 30 novembre. "Demain, on n'a pas le droit de perdre", nous a confié Goran Bezina, rencontré la veille au terme d’un shooting photos pour un magazine de mode. "Goran est le chouchou des journalistes : il parle la langue, est sympa, drôle, charismatique. Il est très souvent sollicité dans les interviews", explique Zeljka Jurkas, rédactrice du site internet du club, juste avant la partie.

Dans la tribune de presse, les places réservées aux médias sont presque toutes vides. "Très souvent, les journalistes reprennent mes compte-rendus", avoue l’employée du club. Même le "Sportske Novosti", plus grand quotidien sportif national édité à Zagreb, n’est pas représenté en ce soir de match. La partie d’Eurocup de basket du Cedevita, qui se dispute à quelques pas de la patinoire, semble avoir eu les faveurs des journalistes sportifs croates.

 

Les "Croates" du Medvescak

Le Dom Sportova, vétuste patinoire du club de hockey, se remplit à son rythme. Ce sont 3987 spectateurs qui seront "généreusement" annoncés dans la version officielle. Lors de la présentation - sans artifices - des joueurs, l’applaudimètre ne donne aucun indice de popularité au moment où le nom du numéro 57 du Medvescak est annoncé par le speaker. Goran Bezina est pourtant l’un des locaux, lui qui est né et a vécu ses neuf premières années à Split. Tout comme le Canado-Croate Tom Zanoski, qui a vu le jour dans la capitale croate.

Dans l’effectif des Ours, trois autres joueurs ont un lien avec la Croatie, sans en maîtriser la langue. Il y a le capitaine canado-croate Mike Glumac, le défenseur canado-croate Mark Katic, revenu dans son pays d’origine lorsque le club a rejoint la KHL en 2013, et enfin l’attaquant américain aux racines croates Nathan Perkovich. "La Croatie n’a malheureusement pas les ressources pour former des jeunes. Faire venir des joueurs de hockey aux origines croates est donc très important pour le club", explique Ranko Vucinic, directeur de la communication du Medvescak. Sur sa glace, surpris par un but encaissé après moins d’une minute de jeu, Zagreb est mené 0-1 après un terne premier tiers.

"Bezina? Je l’aime bien. C’est un bon joueur, fort physiquement et il joue avec le cœur", confie Borna, 19 ans, rencontré dans le kop des supporters du Medvescak. Un peu plus loin, Hrvoje (42 ans), qui suit le club depuis 5 ans, concède que "cela représente beaucoup que Bezina soit d’origine croate et qu’il maîtrise parfaitement la langue". Dubitatif lorsque l’on évoque une éventuelle aura autour du défenseur né à Split, Bruno (17 ans) estime qu’il n’est "pas sûr que les gens reconnaîtraient Bezina dans la rue".

"Zig Zag Medvescak!" résonne dans la patinoire. L’hymne est repris par le public. Sur la glace, le spectacle entre deux équipes en manque de points n’est pas des plus spectaculaires. La sirène annonce la fin du deuxième tiers-temps, les deux équipes retournent aux vestiaires sans avoir allumé la lampe rouge. Au fanshop du club, les maillots et maigres accessoires de merchandising ne s’arrachent pas. "Les maillots de Bezina, mais aussi de Perkovich et de Hedberg (réd: un attaquant suédois) sont ceux qui se vendent le mieux" , confie tout de même le vendeur. "Le maillot de Goran est l’un des "bestsellers"", confirme le directeur de la communication du club, Ranko Vucinic.

 

Une faible attention médiatique

Dans les travées de la patinoire, un homme arbore fièrement le numéro 57 du Medvescak Zagreb sur ses épaules, deux hots-dogs dans une main et une bière dans l’autre. "Goran Bezina? C’est mon joueur préféré! Je l’adore, mais il aurait dû venir il y a trois ou quatre ans déjà… C’est un peu tard maintenant. Il y a une attention particulière sur lui car il est Croate, c’est certain", estime Sinisa (44 ans). De manière générale, le public ne semble pourtant pas avoir réellement de préférence pour le "local" Bezina.

"Gooooaaal! Gooraaan Beee-ziiii-naaaa!" hurle le speaker. Le Dom Sportova de Zagreb semble se réveiller quelque peu. Le numéro 57 du Medvescak vient de réduire la marque d’un tir précis. Zagreb n’est plus mené que 1-2 à la 48 minute de son match face aux Russes. Le but de celui qui sera désigné "homme du match" est toutefois insuffisant pour éviter une deuxième défaite consécutive à domicile (2-3) du club.

Le lendemain, dans le quotidien sportif de référence croate, Sportske Novosti, les deux tiers des pages sont noircies par des articles consacrés au football. On y évoque les quarts de finale de la coupe de Croatie, mais aussi le choc au sommet du championnat entre Dinamo Zagreb et le Rijeka du Suisse Mario Gavranovic, qui se disputera deux jours plus tard. Le water-polo, très populaire dans les Balkans, mais également le handball ou le basket remplissent les pages suivantes du quotidien sportif. Partageant l’espace de l’antépénultième page avec la Formule 1, le ski alpin et le… snooker, un article évoquant une "soirée catastrophique pour le Medvescak" revient sur la défaite de la veille: "Si nous continuons comme cela, nous ne battrons personne".


Par Sylvain Bolt 
Source : rts.ch, le 19 décembre 2016.

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Hockey sur glace

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