Publié le 1 Octobre 2016

Le renouveau du NK Osijek, cas désespéré du football croate


 


 

Les mauvaises habitudes avaient la vie longue au NK Osijek. Notamment celles de débuter ses saisons avec une dizaine de nouveaux joueurs, de vendre ses meilleurs joueurs, de changer sans cesse de managers sans vision stratégique à long terme. Le tout sans perspective d’amélioration économique, avec une direction orientée politiquement sans avoir de réelles compétences en matière d’économie et de sport, une équipe non performante et un bassin fertile de jeunes qui avaient de moins en moins de raisons de rester se former au club. Oui, mais depuis, un proche de Viktor Orban a racheté le club. Et tout a changé.


 

UN CAS DÉSESPÉRÉ

Osijek avait de sérieux soucis financiers depuis une quinzaine d’années. Cela n’a rien d’étonnant quand on sait que seuls deux clubs sur dix de la première division croate n’en ont pas (Dinamo et Rijeka). Comme beaucoup d’autres en Croatie, le NK Osijek a été victime d’une gouvernance particulièrement incompétente qui utilisait le club pour en tirer des profits personnels.

Jusqu’à mars 2013, le club était géré sur un mode de gestion socios, le club appartenant à ses membres. Toutefois, ce système n’a pas réellement fonctionné. Les dettes s’accumulaient et auguraient une faillite proche. En mars, le NK Osijek est devenu une société par actions et la mairie était le principal actionnaire : la dette due à la ville et à l’état était ainsi convertie en actions. Cela n’a pas suffi, la situation s’est même empirée car il n’y avait plus de revenu réel provenant des boutiques, des ventes de tickets ou des droits TV.

Quand la mairie a repris le club, des membres d’un parti politique régional (HDSSB) ont été nommés à la tête du club. Les vieilles habitudes sont revenues : plutôt que des experts spécialisés, des politiciens s’installèrent. La situation dura quelques mois avant que le HDSSBperde les élections locales et décide de démissionner du club. Tous, sauf le président Josić qui, lui, a refusé. Un beau bordel. Le moment était venu de se tourner vers les supporters… qui s’étaient détournés du club après toutes ces années d’instrumentalisation politique. Le mal était fait, les fans ne sentaient plus ce club comme le leur et les dirigeants n’avaient pas vendu suffisamment d’actions pour sauver le club.

Malgré tout, l’académie restait performante avec un bon nombre de succès dans les catégories de jeunes. Un moindre mal pour un club auparavant considéré comme l’une des plus grandes écoles de football des Balkans. Suker, Spehar, Bjelica, Cvitanovic, Vlaovic, Krpan ou plus récemment Vida et Pranjic sont notamment sortis de l’école Osijek. Ces dernières années, les succès sportifs dans les équipes de jeunes n’éclipsaient pas la dégradation continue des installations pour les jeunes. Concrètement, outre des infrastructures devenant obsolètes, le staff était limité au possible (sans préparateur physique, kinés ou nutritionnistes notamment). Compliqué, donc, de faire progresser au mieux des talentueux juniors qui devaient se rendre eux-mêmes à l’hôpital (non spécialisé) pour des blessures classiques de footballeurs. Le club ne pouvait plus offrir de revenus corrects aux familles pour la formation de leurs protégés, ce qui n’incitait plus les parents à laisser leur enfant au club comme ils le faisaient auparavant. Ajouté à cela, le fait que la Croatie soit entrée dans l’UE laisse la possibilité pour le mineur de partir facilement dans une académie étrangère où l’argent n’est pas un problème.

 

UN MYSTÉRIEUX INVESTISSEUR HONGROIS

D’évidence, le NK Osijek tombait en déliquescence, submergé par des dettes, attendant sa liquidation prochaine. Quand soudain, Lorinc Meszaros, le patron de la société hongroise éponyme Meszaros & Meszaros Ltd, répondit à l’appel d’offres de la mairie. Cette dernière, peu submergée par les candidatures (il n’y en avait pas d’autres), eut le temps d’étudier la proposition hongroise. Ainsi que le profil de ce mystérieux Lorinc Meszaros. Les recherches du maire Ivica Brkic ont alors rapidement mené vers Viktor Orban, grand ami et partenaire de l’homme d’affaires hongrois.


 

La relation financière entre les deux hommes fait déjà partie du débat public en Hongrie. Certaines langues croient même savoir que Lorinc Meszaros n’existerait pas et ne serait qu’un vulgaire fake imaginé par Orban. Pourtant, l’ancien plombier devenu millionnaire existe bel et bien. Il est même président de la Ferenc Puskas Football Academy, club de première division hongroise créé par Viktor Orban. Plutôt cocasse pour quelqu’un qui, plus jeune, n’a jamais été intéressé par le sport, ni de près, ni de loin. Depuis son arrivée à la tête du club d’Orban, Meszaros s’est soudainement intéressé au football. Ou du moins, il fait semblant de l’être.

Ce n’est donc pas avec un ballon rond que notre homme s’est construit. Il faut chercher ailleurs. Pour trouver traces de son passé, direction le secteur du bâtiment. Modeste patron d’une PME locale après des débuts comme plombier, Meszaros devint un puissant magnat après avoir reçu d’un coup un grand nombre de commandes venant de l’Etat. Principalement pour construire des stades de football, endroits où ce hongrois n’avait jamais mis les pieds. Avec en point d’orgue, la construction de la Pancho Arena du Puskas Academy FC. En trois ans, la valeur de sa société fut multipliée par dix (+922%) pour se classer parmi les sociétés européennes les plus dynamiques du moment.

Ce miracle à un nom : Viktor Orban. Dans le village qui l’a vu grandir, à Felcsut (métropole de 1800 habitants), le président décida de changer quelque peu les règles du jeu de la démocratie. Alors que le candidat d’un parti indépendant remportait la mairie au nez et à la barbe de Meszaros, Orban apparut et trouva une faille dans la déclaration de revenus de l’heureux élu. On ne sut jamais si l’erreur était réelle, mais on sut que Meszaros était bien plus coopératif que le candidat du parti indépendant. La deuxième chance du patron de PME sera la bonne. En récompense de sa bonne volonté, Meszaros se verra même attribuer quelques petites récompenses. Entre autres, 1400 hectares de terres et des subventions de plus de 25000 dollars pour élever des porcs. En effet, grâce aux aides de l’Union Européenne, Orban put allouer à ses alliés quelques dotations via le programme de « Land Action ». Une vaste escroquerie visant donc à graisser les pattes de toute personne pouvant renforcer son pouvoir. Parfois, la situation semblait grotesque. Des journalistes s’en sont aperçus en visitant la propriété de Meszaros où aucun porc n’était détectable ! Contraint et forcé, il débuta un élevage, cependant bien trop faible pour justifier une telle dotation. Toujours à cause de la pression populaire, il déclara son patrimoine et ses rapports financiers après avoir refusé de s’y soumettre dans un premier temps. Et peu importe s’il s’est avéré que le rapport avait omis une déclaration d’une partie des bénéfices de la société dont il était propriétaire…

Son cas, bien qu’étant le plus exposé, n’est pas isolé. Felcsut possède désormais le titre officieux de « capitale de l’Orbanistan ». Une importance unique pour un village typique de la plaine Pannonienne, bordé par des fossés et des bancs en bois sur lesquels s’asseyaient des personnes âgées regardant le temps passer. Depuis 2009, il est devenu la ville la plus riche de Hongrie avec un PIB par habitant surréaliste, poussant derrière lui les deuxième et douzième districts de Budapest. En plein centre, non pas une église mais un stade ultramoderne avec quatre tribunes couvertes. Lors de son inauguration, Orban disait alors : « J’espère que cela motive nos jeunes de voir que le gamin du village est devenu une star. » Puskas n’ayant pas grandi dans un village, il est fort à parier que ce conservateur se citait lui-même en exemple…

Dans son village, il fit aussi construire un centre national de football avec une importante Académie (« l’une des meilleures en Europe« , selon ses dires, toujours modestes). Les résultats du football dans l’Orbanistan sont mitigés. D’un côté, le centre très généreusement financé par l’argent des contribuables, a seulement fait éclore des joueurs moyens de la ligue hongroise. De l’autre, le club professionnel obtient de bons résultats puisque la Puskas Academy FC a réussi à accéder à la première division nationale et à s’y maintenir (jusqu’à l’an dernier et une descente). Ce qui a commencé comme une équipe officieuse de Videoton B (club dont Orban est fan) est devenu un club important du pays coaché par l’illustre Robert Jarni.

Ces investissements font déjà saliver la HNS, à commencer par ses têtes d’affiche Mamic et Suker, habitués des visites à Felcsut : « L’ensemble du sport croate reçoit de l’Etat 116 millions de kunas (15 millions d’euros) quand le gouvernement hongrois alloue 7 millions d’euros au seul football ! Nous sommes des citoyens de ce pays et des électeurs, nous ne nous tairons pas!, » regrettait un Zdravko Mamic qui songeait à se présenter à la présidentielle croate. Son ami Davor Suker, lui, revendiquait : « Dieu fasse que notre premier ministre ou notre chef d’Etat agisse comme Viktor Orban ! » Mais peut-être que Dieu préfère allouer l’argent des contribuables à des secteurs plus profitables pour la communauté…


 

LE RENOUVEAU

A la lecture de ces éléments et des promesses du candidat, la mairie d’Osijek  décida d’accepter l’offre hongroise en janvier 2016. En cédant la majorité des parts du club, la ville vit son budget s’alléger d’au moins un million de kunas par an et prit en charge seulement les équipes de jeunes. Cette décision a fait entrer le club dans une nouvelle ère, celle de la privatisation, pour la première fois d’une riche histoire de 69 ans. Soit l’âge exact de l’homme le plus satisfait de cette vente : Ivica Vrkic. Le maire d’Osijek, aussi président de l’Assemblée du club, avait tout tenté pour sauver son protégé, sans réussite jusqu’ici. Après l’échec des négociations avec la brasserie locale, Vrkic décida de « céder les parts même pour un seul kuna. » La seule offre, supérieure à un kuna, est donc venue de Meszaros et son partenaire Ivan Mestrovic, un businessman originaire d’Osijek qui a fait fortune à Dubaï et en Hongrie. Et malgré les réticences de quelques membres de la mairie, la majorité accepta faute d’autres choix. Vrkic encore : « Je voudrais tous vous remercier. C’est un bon arrangement pour le club mais aussi pour les autres sports de la ville à qui nous pourrons donner plus d’argent. »

Un pari pour le moment réussi. Après la signature du contrat, Meszaros annonça sa volonté de renforcer le club pour rester en Prva Liga ainsi qu’un projet de rénovation du stade : « Un club avec une riche histoire comme le NK Osijek mérite beaucoup mieux que sa place actuelle (ndlr : le club était relégable) » déclara un Meszaros « venu par amitié, à l’invitation d’un ami afin de résoudre les problèmes du club qu’il aimait« . Et qui étaient là pour la présentation officielle ? Suker et Mamic, bien sûr. Le premier, ancien joueur d’Osijek, s’emballa et annonça : « Je veux voir Osijek en Europa League ou en Ligue des Champions. »

Il se pourrait que son emballement soit réaliste. Les problèmes financiers traînant depuis quinze ans furent effacés d’un virement depuis une banque hongroise et toutes les dettes furent payées, y compris les salaires en retard des employés du club. Pour cette saison, le budget est passé à trois millions, ce qui en fait le plus élevé de l’histoire du club. Pour Mestrovic : « comme nous avons composé avec les dettes, notre ambition de départ a été freinée, » comme il l’expliquait dès son arrivée. Cela n’a pas empêché un bon recrutement et le démarrage de l’aménagement du stade : « Nous avions plusieurs options comme construire un nouveau stade. Mais nous avons dû faire face à des problèmes techniques sur un site et il y avait des propriétés privées sur un autre. Par conséquent, nous avons décidé de planifier le réaménagement de notre propre stade. Notamment la suppression de la piste d’athlétisme, la création de nouvelles tribunes en détruisant celles obsolètes ou la couverture du stade avec un toit. Avec tout cela, nous obtiendrons une meilleure ambiance et une meilleure insonorisation. »

Les résultats se font déjà sentir. outre le bon début de saison sportif, la ferveur est revenue et pas uniquement chez les fidèles ultras de la Kohorta. 2000 personnes sont déjà devenues membres de l’association « Bijelo-plavi klubi » (club blanc et bleu) et compte tenu des avantages pour les membres sur les abonnements (50% de réduction), les 1000 abonnés de la saison 2015-2016 furent vite dépassés. Justement, cette association a été une réussite. Bijelo-plavi klubi réunit les fans du club de football et aussi toutes les personnes voulant promouvoir la ville. L’adhésion, gratuite, montre le soutien actif pour le club, mais aussi la loyauté et l’allégeance à leur club et à leur ville.


 

La caution locale a donc bien été respectée dans ce projet, conformément aux voeux de Mestrovic : « Nous sommes fiers que la plupart des investissements proviennent de l’extérieur. Cependant, je tiens à ce que notre maillot soit représenté par des acteurs locaux et donc des entreprises régionales. Notre identité doit être reconnaissable. Nous voulons aussi que chacun en Croatie sache qu’Osijek est une ville de football. Voici pourquoi nous avons conçu le projet « Bijelo-plavi klubi, pokrenimo grad ». Notre objectif est de recueillir une adhésion massive. Autrement, notre projet serait dénué de sens. »

L’unanimité n’existant pas, certaines voix se sont faites discordantes. Particulièrement de l’autre côté de la frontière, où les Hongrois pensent plutôt que cette nouvelle intervention peu opportune relève du calcul politique. D’autres croient savoir qu’Osijek, véritable pépinière de talent, servira comme club farm de Felcsut. Quoi qu’il en soit, l’espoir est revenu dans ce coin de la Slavonie, donné pour mort il y a encore quelques mois. C’est bien cela le plus important.


 


 

Par Damien F


 

Source : footballski.fr, le 23 août 2016.


 


 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Mafia et football

Publié le 30 Septembre 2016

La Croatie s'aligne sur Berlin


 

Le ministre de l’Intérieur Vlaho Orepić est serein et ne pense pas qu’une nouvelle vague migratoire frappera le pays. Selon lui aucun flot important de migrants ne touchera la Croatie, ou même l’Europe.


 

« Il n’y a pas de place pour la peur. Il est vrai que l’Europe est dans un état latent de crise migratoire. La Croatie, en tant que membre de l’Union européenne partage ce destin, et le récent sommet à Vienne concernant la route migratoire est simplement un résultat du besoin de trouver les meilleurs solutions, et les solutions les plus rationnelles, » a dit M. Orepić.

Il a rapporté que la solution commune sur laquelle les membres de l’UE se sont entendus est la prolongation de l’accord avec la Turquie, ainsi que la protection des frontières extérieures, qui jusqu’à présent n’a pas été assez importante.

Aussi, le ministre a souligné que, en un mois, la Croatie était passée de 100 arrivées de migrants par jour à 10 ou 15 par jour. Il ne s’inquiète pas d’un éventuel flot migratoire comme son pays l’a déjà connu, « pour le moment rien n’indique que cela va arriver. Il y a un danger latent, c’est vrai, mais si les objectifs communs sont atteints, je suis persuadé que la vague migratoire n’arrivera pas. »

Les pays voisins, la Hongrie, l’Autriche, la Slovénie, ont engagé davantage de soldats, construit des barrières, c’est un « plan B », comme le souligne M. Orbán. Par rapport à cela, le ministre croate a déclaré : « nous avons un plan B, mais le fait est que nous n’avons pas causé la crise migratoire et nous ne la résoudrons pas. L’an dernier nous faisions face aux conséquences, et nous recommencerons. Il faut rester rationnel. »

A cause du protocole de Dublin, un bon nombre de migrants est renvoyé vers la Croatie. M. Orepić a dit que la Croatie était un membre responsable de l’UE. « Nous ferons face à nos obligations, nous avons l’obligation d’accueillir ces personnes, tout comme celle de loger 1.582 personnes. » Il a ajouté que la Croatie possédait les ressources nécessaires pour accueillir les migrants.

Depuis deux mois, un nombre important de migrants tente de franchir la frontière de la Serbie vers la Croatie. Ils viennent du Pakistan, d’Afghanistan ou d’Irak.


 


 

Source : visegradpost.com, le 29 septembre 2016. 

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Hommes politiques, militaires et diplomates

Publié le 22 Septembre 2016

Blanka Vlasic dépose sa médaille olympique au sanctuaire de Marija Bistrica


 

L’athlète croate Blanka Vlasic, médaillée de bronze au saut en hauteur aux Jeux Olympiques de Rio, a déposé son trophée le 10 septembre 2016 aux pieds de la Vierge du sanctuaire de Marija Bistrica. Elle a expliqué son geste de gratitude et de foi devant plus de 1’500 jeunes réunis au nord du pays.


 

Pour Blanka Vlasic, la perspective des Jeux de Rio s’annonçait plutôt mal, rapporte le site catholique américain Crux. A peine remise d’une opération délicate à la jambe, elle avait même sérieusement hésité à s’y rendre. Alors qu’elle avait déjà dû faire l’impasse sur les Jeux de Londres en 2012, en raison d’une blessure, elle a remis son sort entre les mains de Dieu. Et c’est grimaçante de douleur qu’elle a sauté d’abord 1,94 m puis 1,97m s’adjugeant la médaille de bronze. Ce qui, pour elle, relève du miracle.

Dieu donne la force

Devant les jeunes réunis au sanctuaire marial, la championne a expliqué avoir compris que Dieu devait grandir en elle et que les blessures ne devaient pas être une excuse au désespoir mais l’occasion de proclamer l’amour et de la miséricorde de Dieu. A ceux qui lui ont reproché de mettre ostensiblement sa foi en avant, elle répond qu’elle priait Dieu de lui donner la force. Dieu lui a donné cette force, mais il n’a pas apaisé la douleur.

Quelques jours avant la rencontre avec les jeunes au sanctuaire de Marija Bistrica, on lui a dit qu’il est de coutume d’apporter quelque chose en cadeau pour Notre-Dame. Comme un signe providentiel, elle est tombée alors sur le passage de la lettre de Paul aux Corintniens (Cor 1, 9,25): “Tous les athlètes à l’entraînement s’imposent une discipline sévère; ils le font pour recevoir une couronne de laurier qui va se faner, et nous, pour une couronne qui ne se fane pas.”

Il n’y avait plus de doute pour elle: la médaille de bronze olympique de Rio est allée à Notre-Dame. 


 

Par Maurice Page

Source : cath.ch, le 15 septembre 2016. 

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Artistes et personnalités diverses

Publié le 21 Septembre 2016

Accusé de crimes de guerre, le «Capitaine Dragan» devant la justice
 


 

Le procès de l'ex-chef paramilitaire serbe Dragan Vasiljkovic, «Capitaine Dragan», s'est ouvert ce mardi 20 septembre à Split, en Croatie. Il est accusé de torture et d'assassinats de civils et de policiers croates à Knin, bastion des séparatistes serbes, pendant le conflit de 1991-95 en Croatie.


 

Il était devenu professeur de golf à Perth en Australie. Aujourd’hui, il doit répondre des exactions de son unité dans les annés 1990 devant un tribunal à Split sur la côte dalmate. Accusé d'avoir ordonné la torture et l'assassinat de prisonniers croates, le « Capitaine Dragan », né à Belgrade, était d’abord retourné vivre en Serbie avant d'émigrer en Australie. C’est là qu’il a été arrété en 2006 alors qu’il se faisait passer pour un homme du nom de Daniel Snedden.

Extradé l'année dernière après une longue bataille judiciaire, Dragan, âgé de 61 ans, dément avoir commis des crimes de guerre, mais reconnaît avoir entraîné des recrues, tué des ennemis au combat et mené des interrogatoires.

Le procès devrait durer plusieurs semaines, non loin du lieu des exactions reprochées à sa section, chargée d'« opérations spéciales » au sein des forces paramilitaires serbes pendant la guerre. En tant que commandant d'une unité paramilitaire, il n'a « rien fait pour éviter ou punir de tels crimes » et y a même parfois participé, selon le procureur. Reponsable d'une attaque meurtrière en juillet 1991, au cours de laquelle un civil croate et un journaliste allemand ont été tués, il aurait ordonné de tirer « sur des habitations depuis des chars avec des mortiers et encouragé des snipers à tirer sur des civils ».


 

Source : rfi.fr, le 20 septembre 2016.

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Serbie-Croatie

Publié le 9 Septembre 2016

Brad Pitt se lance dans l'hôtellerie en Croatie


 

L'acteur américain ajoute une nouvelle corde à son arc en s'investissant dans ce projet estimé à plus d'1,5 milliard de dollars.


 

Brad Pitt, un homme aux multiples facettes. L'acteur de 52 ans s'est en effet rendu jeudi 1er septembre à Zablace, au nord de Split, en Croatie, pour visiter le site - un port de plaisance - sur lequel devrait être construit un complexe hôtelier de luxe auquel il participerait avec l'architecte Nikola Bašić, connu pour la création à Zadar d'orgues marines (des marches en pierre perforées plongeant dans la mer et laissant entrer le son des vagues avec des tubes souterrains), ainsi que la société d'investissement Suisse, TFI holding, qui aurait déjà investi 70 millions de dollars.

Arrivé à l'aéroport de Zadar, l'Américain a effectué une croisière en bateau le long d'un tronçon de 50 mile de la côte près de Biograd et Sibenik. Il a ensuite séjourné à l'hôtel D-Resort Šibenik qui a posté sur son compte Facebook une photographie accompagnée du commentaire: «Nous sommes très heureux d'avoir l'un des acteurs les plus connus au monde parmi nos invités.»

Le coût de ce projet immobilier, qui proposera un hôtel, des boutiques, des villas de luxe, un terrain de golf et des restaurants, est estimé à plus d'1,5 milliard de dollars et selon les plans, pourrait accueillir jusqu'à 2500 personnes, ainsi que des écoles et une clinique. Il s'agira d'«une communauté planifiée écologique moderne et responsable,» d'après le magazine américain People.


 

Fasciné par l'intensité des couleurs du pays

L'acteur qui s'était déjà rendu en Croatie avec son épouse et leurs six enfants l'aurait décrit comme «le plus beau pays qu'il n'a jamais visité». Il aurait notamment été fasciné par la mer et l'intensité des couleurs, selon Nikola Bašić, cité par The Telegraph.

Brad Pitt est passionné par l'architecture depuis de nombreuses années. À la suite de l'ouragan Katrina qui avait détruit de nombreuses demeures en Nouvelle-Orléans en 2005, il a construit, grâce à sa fondation Make It Right et des architectes, une centaine de maisons.

Le mari d'Angelina Jolie n'est pas le premier acteur à se lancer dans l'hôtellerie. Robert de Niro a ouvert le Greenwich Hotel à New York et un autre prochainement, l'hôtel Wellington, dans le quartier Covent Garden, à Londres. Leonardo DiCaprio a, quant à lui, investi dans la construction d'un hôtel éco-responsable sur l'île de Blackadore Caye, au large de Belize, qui devrait ouvrir en 2018.

Côté septième art, le héros de Seven donnera la réplique à Marion Cotillard dansAlliés de Robert Zemeckis, en salles le 23 novembre prochain en France.

 

 

Source : lefigaro.fr, le 9 septembre 2016.

 

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Economie et mouvements sociaux

Publié le 8 Septembre 2016

1. A droite comme à gauche, les partis jouent la carte du nationalisme

 

 

Après le fiasco du gouvernement de la droite conservatrice, la gauche (SDP, social-démocrate) est donnée gagnante aux élections législatives anticipées. Mais, faute de majorité absolue, elle s’aventure, à son tour, sur le terrain nationaliste.

 

Le dernier gouvernement, une coalition des nationalistes de la HDZ et du centre droit Most, n’aura tenu que six mois. Il a polarisé à l'extrême la Croatie sur des questions idéologiques,marquées par une dérive conservatrice, et ravivé des tensions héritées de la guerre d’ex-Yougoslavie et de la Seconde Guerre mondiale. Le 16 juin, le Parlement a adopté une motion de défiance, entraînant la chute de l’exécutif.

 

Les élections législatives anticipées, convoquées pour le 11 octobre, s’annonçaient plus calmes et tournées vers l’avenir. Notamment depuis l’élection d’un député européen, Andrej Plenkovic (46 ans), à la tête de la HDZ : Un homme politique moderne et pragmatique, qui vit avec son temps, comprend bien l’Europe, la région et la Croatie, et qui est bien placé pour recentrer le parti conservateur”, disait de lui Jutarnji List.

 

 Les deux principaux partis politiques, la HDZ [conservatrice] et le SDP [social-démocrate], ont enfin l’occasion de tourner la page du passé et de revenirà l'économie”, estimait Vecernji List.

 

La campagne électorale risquait même d’être un peu ennuyeuse, car Andrej Plenkovic et son adversaire politique, Zoran Milanovic, chef du SDP, se connaissent bien. Tous deux ont travaillé comme diplomates à Bruxelles. Ambitieux, bons communicants, élitistes, pragmatiques, ils se ressemblaient au point qu’on aurait bien imaginé Plenkovic à la tête du SDP et Milanovic à celle de la HDZ”, commentait Jutarnji List. 

 

Le nationalisme revient

Or il n’a pas fallu attendre longtemps pour que la campagne glisse de nouveau sur le terrain idéologique et nationaliste. Mais, cette fois-ci, c’est Zoran Milanovic qui a poussé dans cette direction. Lors d’une émission télévisée, il a évoqué le fait qu’un de ses grands-pères avait été Oustachi (allié des Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale). Il a également ironisé sur la mère de son adversaire en “dévoilant” qu’elle a été médecin militaire en Yougoslavie. Un clin d’œil à l’électorat de la droite nationaliste ? Le message s’adresse en tout cas aux vétérans de guerre (1991-1995) qui avaient menacé de destituer M. Milanovic à l’époque où il était Premier ministre (2011-2016), en l’accusant d’être un rejeton communiste.

 

Mais M. Milanovic ne s’est pas arrêté là. Lors d’une rencontre à huis clos avec des vétérans, il a qualifié le gouvernement serbe de poignée de misérables arrogants” et menacé de bloquer la Serbie dans sa volonté d’adhésion à l’Union européenne (la Croatie est, elle, membre de l’Union depuis 2013). Quant à la Bosnie-Herzégovine, il a estimé qu’elle ne fonctionne pas en tant qu’État”. Ses propos, enregistrés et diffusés dans la presse, ont provoqué un tollé dans la région. Belgrade s’est acharné contre M. Milanovic, et la presse de Sarajevo l’a qualifié de voyou décidé à mettre de l’huile sur le feu dans les Balkans pour des raisons électoralistes”.

 

Par ses dérapages verbaux, Milanovic a aussi créé un choc dans une partie de l’électorat de gauche qui risque de l’abandonner. Pour Jutarnji List, c’est le monde à l’envers. Aujourd’hui, le chef de la HDZ est porteur d’un discours de normalisation, alors que celui du SDP embrasse un discours nationaliste.”

 

Selon Novi List, journal de Rijeka, il reste à voir si les électeurs croates sont prêts à mordre à l’hameçon que leur lance Milanovic”. Les derniers sondages donnent un avantage au SDP sur la HDZ, mais pas suffisant pour former seul un gouvernement.



 


 

Par Kika Curovic


 

Source : courrierinternational.com, le 8 septembre 2016. 

 

 

 

 

 

 

 

2. Les élections en Croatie prisonnières du passé

 

 

L’histoire controversée du pays et l’opposition entre «vrais» et «faux» patriotes ont dominé la campagne des législatives anticipées.


 

«Au moins, ma mère n’était pas médecin de l’armée yougoslave!» La petite phrase du président du Parti socialiste croate (SDP), Zoran Milanovic, sous-entendant que la mère de son adversaire principal, le président du parti de centre droit HDZ, Andrej Plenkovic, était du côté des Serbes pendant la guerre, a fait partie des grands moments de la campagne électorale qui s’achèvera dimanche dans les urnes.

Suite à l’effondrement du gouvernement de coalition en juin, les Croates sont appelés à voter de manière anticipée, moins d’un an après les dernières élections parlementaires. Et ce que faisaient les leaders des deux principaux partis ou leur entourage entre 1945 et 1995 est venu, comme toujours en période d’élections, hanter la campagne.

 

Les vrais sujets au second plan

La diffusion par le quotidien Jutarni List d’un enregistrement secret d’une conversation entre le leader du SDP et des représentants d’associations de vétérans a ainsi relégué au second plan les sujets sur l’économie, l’éducation et le chômage.

Dans cet enregistrement, Zoran Milanovic glisse cette fameuse phrase sur la mère de son adversaire et s’en prend aux pays voisins, la Serbie «arrogante» et la Bosnie-Herzégovine, «pas un vrai pays». Un choix de mots aux relents d’années 90 habituellement prononcés dans les rangs du HDZ. «Zoran Milanovic a essayé de montrer aux électeurs que ceux de gauche sont d’aussi bons patriotes que ceux du HDZ», explique Kresimir Macan, consultant en communication politique.

«Le HDZ a été obligé de répondre en opposant les Oustachis (ndlr: fascistes) et les partisans (ndlr: communistes yougoslaves), estime Krunoslav Vidic, analyste politique. Avant l’enregistrement, c’est le père de Zoran Milanovic qui a été accusé d’avoir participé à la mort en 1978 à Paris de Bruno Busic, écrivain et indépendantiste croate, assassiné par les services secrets yougoslaves. Une attaque qui sous-entend que Milanovic ne viendrait pas d’une famille de «vrais patriotes».

 

Nostalgies opposées

La sphère politique reflète ce qui agite toujours la société croate. Le pays est polarisé entre nostalgie de l’Etat indépendant croate, le NDH fasciste et allié de Hitler, et nostalgie de la période communiste. Le traitement de l’histoire récente se fait ainsi en noir et blanc, entre «patriotes» et «yougoslaves». Et lorsqu’un débat prend place entre les deux principaux candidats sur les taxes et les baisses d’impôts, il est très vite éclipsé.

Mais l’utilisation à outrance des fantômes du passé pourrait avoir l’effet inverse et pousser une partie des électeurs, lassés, vers les partis indépendants. Ceux-ci sont montés en puissance ces dernières années et plusieurs d’entre eux, notamment Most, arrivé troisième en novembre, pourraient être les véritables faiseurs de gouvernement après dimanche.


Par Marion Dautry

Source : tdg.ch, le 8 septembre 2016.

 

 

 

 

 


3. La droite croate remporte les législatives
 

Dans une atmosphère de désintérêt massif, les Croates ont majoritairement voté, dimanche 11 septembre, pour les partis de droite actuellement au pouvoir. Et ce, malgré la chute du gouvernement sortant plombé par les affaires et les accusations de dérives nationalistes. Selon des résultats quasi définitifs de ces législatives anticipées, le HDZ (Union démocratique croate, droite) obtiendrait 36,6 % des voix et 61 sièges. Son ancien allié au gouvernement, le parti de centre droit proche de l’Eglise catholique, « Most » (« le pont »), récolterait, lui, 13 députés, avec 9,8 % des suffrages.

 

Le principal parti d’opposition, le SDP (social-démocrate), est crédité de 33,5 % des voix et d’à peine 54 sièges. Avec deux députés de moins que lors des législatives de novembre, la gauche n’a clairement pas profité de l’échec du gouvernement sortant, pourtant tombé après seulement cinq mois au pouvoir. En juin, Most avait en effet lâché le chef de file du HDZ d’alors, le très secret et très radical Tomislav Karamarko, empêtré dans un conflit d’intérêts autour des activités de sa femme. Cette crise avait débouché sur le retrait de M. Karamarko et l’organisation de législatives anticipées, qui ont attiré à peine plus d’un Croate sur deux, dimanche.

Si Most recule par rapport aux 19 sièges obtenus lors du scrutin précédent, il reste le troisième parti et garde sa position de faiseur de roi. Son chef de file, Bozo Petrov, a d’ailleurs laissé planer le doute sur ses intentions dimanche soir. S’il décide de regouverner avec le HDZ, les deux partis pourraient compter ensemble sur 74 élus au Sabor, le Parlement croate, tout proche de la majorité absolue de 76 sièges. Il s’agirait alors d’un succès pour Andrej Plenkovic, le remplaçant de M. Karamarko à la tête du HDZ.

La gauche prête à négocier

Nettement plus policé que son prédécesseur, ce député européen de 46 ans, ancien diplomate parfaitement francophone, a fait campagne en promettant de recentrer le HDZ, tout en refusant de condamner les dérives du gouvernement sortant. Celui-ci comprenait notamment un ministre de la culture aux tendances révisionnistes, critiqué en Croatie et à l’étranger pour s’en être pris aux journalistes et aux artistes. Cette position d’équilibriste a permis au parti d’obtenir trois sièges de plus qu’en novembre. Après cette victoire, M. Plenkovic pourrait avoir les mains libres pour écarter les représentants de l’aile la plus nationaliste de son parti – si telle est son intention.

De son côté, le chef de file de la gauche, Zoran Milanovic, 49 ans, également ancien diplomate, peut être déçu de son résultat alors qu’il comptait sur ce scrutin pour reprendre le pouvoir après avoir déjà gouverné entre 2011 et 2015. Sa liste d’union a reculé alors même qu’elle réunissait plus de partis qu’en novembre. M. Milanovic a pâti d’une campagne brouillonne au cours de laquelle il a tenté deséduire l’électorat nationaliste en tenant des propos très critiqués sur la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Ses électeurs ont visiblement préféré bouder les urnes. Même si la déception régnait au siège du SDP dimanche soir, plusieurs responsables du parti assuraient toutefois qu’ils étaient prêts à ouvrir des négociations avec Most et M. Milanovic n’a pas reconnu sa défaite.

Ce scrutin a également été marqué par la percée de la coalition anti-système « Seule option », qui a obtenu huit sièges. Regroupant des acteurs associatifs opposés aux expulsions et aux banques étrangères, cette liste a fait une campagne efficace en surfant sur le ressentiment des Croates face à la mauvaise situation économique du pays. Malgré l’adhésion à l’Union européenne en 2013, le pays commence à peine à sortir de la récession et affiche toujours un chômage de 13 %.

Près d’un Croate sur dix a son compte en banque bloqué en raison de dettes non remboursées et Seule option a promis d’embaucher 50 000 de ces « Blokirani » et de changer la loi pour traîner en justice les banques étrangères accusées d’avoir pratiqué des taux d’intérêts abusifs. Or, cette liste aux tendances europhobes a expliqué, dimanche soir, qu’elle ne comptait soutenir ni le HDZ ni le SDP. Ce qui n’arrange pas les affaires de M. Milanovic.

 

 

Par Jean-Baptiste Chastand

Source : lemonde.fr, le 12 septembre 2016.

 

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Thèmes politiques et identitaires

Publié le 8 Septembre 2016

Les Juifs de Croatie et leur rabbin marocain


 

Notre visite de la synagogue de Dubrovnik a suscité une curiosité pour un pays dont l’histoire des Juifs est méconnue. Comme à Vienne, la synagogue est dans une petite rue, presque une impasse, à peine repérable par une inscription gravée sur la porte. Il ne faut pas qu’elle soit trop visible de l’extérieur pour ne pas attirer l’attention. Il est vrai que les Juifs n’y ont jamais été les bienvenus. La Croatie a été le pays qui a anticipé la Shoah et qui l’a appliquée bien avant les Allemands.

Les Juifs étaient arrivés sur le littoral dalmate à l’époque romaine. Après l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492, la communauté s’était enrichie de Juifs séfarades rejoints par la suite par une forte immigration ashkénaze. En 1526, la Croatie passa sous la domination des Habsbourg et les Juifs subirent une «lente ségrégation» avec la création de ghettos et l’instauration d’une taxe de tolérance.

Le 10 avril 1941, après l’invasion allemande, un gouvernement ultranationaliste dirigé par Ante Pavelic fut mis en place en Croatie et des lois antisémites furent promulguées. Les Juifs furent arrêtés à Zagreb en mai 1941 et ensuite internés dans des camps, Jasenovac en particulier.

Les Oustachis, à leur arrivée au pouvoir, détruisirent la grande synagogue de Zagreb en octobre 1941 pour convertir son terrain en parking. Entre août 1942 et septembre 1943, les Juifs de la zone occupée par les Allemands furent déportés vers Auschwitz, soit environ 7 000 personnes. Dans la zone d’occupation italienne, les autorités refusèrent de livrer les Juifs ce qui permit à nombre d’entre eux d’y trouver refuge. Les autorités italiennes les ont ensuite regroupés dans le camp de l’île de Rab. Quand les Allemands occupèrent la zone italienne en septembre 1943, ce furent les partisans yougoslaves qui aidèrent les Juifs à leur échapper.

Le camp de concentration de Jasenovac, surnommé l’«Auschwitz croate», était un camp de concentration et d’extermination créé par le régime des Oustachis dans l’État indépendant de Croatie pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fut le seul camp d’extermination non géré par les nazis, de sa construction jusqu’à sa destruction. Il fut le plus grand camp de Croatie et le troisième camp de la mort le plus destructif, après ceux d’Auschwitz et de Treblinka. L’État indépendant de Croatie fut le premier pays à mettre en place la Solution finale dans un camp. En effet, les Juifs de l’État indépendant de Croatie en furent les premières victimes. Certes, des exterminations de Juifs avaient bien débuté en Union soviétique dans la même période, pendant l’été et l’automne 1941, mais elles n’avaient pas encore eu lieu dans des camps.

À Jasenovac furent déportés des Serbes, des Juifs et des Tziganes ainsi que ceux qui résistaient aux nazis et aux Oustachis ; mais le camp ne possédait pas de chambres à gaz. Les prisonniers y étaient achevés par épuisement au travail, par manque de nourriture et aussi et surtout, avec des armes à feu et des armes blanches. Une partie des victimes fut enterrée alors qu’une autre fut brûlée dans des fours crématoires, aménagés dans une ancienne briqueterie.

 

Le camp était dirigé par le général oustachi Vjekoslav Luburić. Le garde du camp Petar Brzica s’y illustra en coupant, en une nuit, la gorge de 1360 Serbes et Juifs avec un couteau de boucher ce qui lui valut le titre de «roi des coupe-gorges». Daesh n’avait donc pas innové.

 

Pour marquer la particularité du camp de concentration croate, en juillet 2010, le président israélien Shimon Peres déclara : « Ce camp se distingue des autres à plus d’un titre. Tout d’abord parce que les victimes n’étaient pas nécessairement uniquement juives. Et il se distingue aussi par la façon dont on y tuait les gens, à l’aide de marteaux, de couteaux, de pierres, autant de manifestations d’un pur sadisme ».

 

Selon l’étude de démographes, le nombre réel de victimes à Jasenovac fut de 85000, dont 50000 Serbes, 13000 Juifs, 12000 Croates et 10000 Tsiganes. Avant-guerre, la communauté juive croate comptait 24000 âmes. Elle s’est depuis réduite à 3000 membres, dont la moitié vit dans la capitale Zagreb.

 

Israël et la Croatie ont établi des relations diplomatiques en 1997. La visite d’État du président croate en Israël, Stjepan Mesic, qui s’était déroulée du 29 au 31 octobre 2001, fut une étape majeure sur le plan bilatéral. Ce fut l’occasion pour le président croate de mettre les choses au point en ce qui concerne les crimes oustachis. Il a déclaré qu’il saisissait « chaque occasion qui se présentait pour demander pardon à tous ceux à qui des Croates ont causé du tort, notamment aux Juifs, en rappelant que durant la Seconde Guerre mondiale, le régime collaborationniste installé au pouvoir en Croatie avait participé au crime de l’Holocauste. La Croatie actuelle et la Croatie antifasciste née pendant la guerre le condamnent ».

 

La communauté juive de Croatie, complètement assimilée, doit beaucoup à un jeune rabbin d’origine marocaine de Casablanca, Kotel Dadon, né en Israël en 1967 après la guerre de Six-Jours, d’où la symbolique de son prénom (Mur des Lamentations). Il avait fait des études à la Yeshiva Ha Kotel de 1987 à 1991, puis à l’Université Bar Ilan de 1991 à 1995 tout en poursuivant une formation rabbinique à l’Académie du Midrash Sefardi de Jérusalem.

 

Il avait épousé une juive de descendance hongroise ce qui lui permit en 1995 de s’installer à Budapest, la ville natale de sa femme rencontrée en Israël. Il avait alors pour objectif de parfaire sa connaissance du droit européen pour devenir avocat en Israël. Mais il fut repéré très vite. Contacté par l’organisation juive américaine Joint Distribution Committee, il accepta sur l’insistance de son rabbin de «dépanner» les Juifs de la Croatie voisine en dirigeant les grandes cérémonies des fêtes juives. À la demande des responsables locaux de la communauté, il accepta de devenir leur rabbin permanent en 1998 et le jeune polyglotte qui maîtrisait l’anglais, l’arabe et le hongrois, se mit à la langue croate. Il fut nommé grand rabbin de la Croatie en 1998.

 

Il occupa son poste jusqu’en 2006 en travaillant à la renaissance d’une communauté juive en voie d’extinction. La Seconde Guerre mondiale, suivie par quarante ans de communisme, avait porté un coup fatal à toute pratique religieuse juive en Croatie. Il dut tout créer et tout inventer car rien n’avait été fait depuis la Seconde Guerre mondiale.

 

Kotel Dadon a été contraint de tout reprendre à zéro. Notamment il a dû rappeler les règles élémentaires de ne pas manger de porc, de ne pas procéder à la crémation interdite chez les juifs pratiquants. Il traduisit phonétiquement les prières du shabbat en croate pour que l’assistance puisse reprendre en chœur les chants. Il mit en place la cacherout pour fournir une alimentation orthodoxe aux fidèles. Il relança les mariages religieux et les circoncisions. Enfin en septembre 2003, il ouvrit une école juive à Zagreb avec une dizaine d’élèves. Mais le conseil de la Communauté juive de Zagreb, avec une ingratitude qui ne fut pas à son honneur, refusa de prolonger son contrat lui préférant le rabbin ashkénaze Zvi Eliezer Alonie, né de parents survivants du camp de Bergen-Belsen.

 

Un Marocain pouvait difficilement diriger des fidèles ashkénazes. Ce renvoi fut mal compris et mal interprété par les Juifs croates puisqu’il entraîna un schisme au sein de la communauté.

 

Mais Dadon avait fait son choix. Après avoir obtenu en 2006 un doctorat de théologie juive, il enseigna à la faculté de philosophie de Zagreb et à l’Académie militaire croate. À ce titre, il avait choisi de devenir citoyen croate. Un de ses fils est cependant revenu à ses sources puisqu’il occupe un emploi de chef de cuisine dans un palace d’Eilat. Aujourd’hui, depuis Zagreb, Dadon s’est politisé et il dit prier pour la paix entre Israéliens et Palestiniens qui doit passer par des «concessions douloureuses des deux côtés». Dadon se sent à l’aise en Croatie.

 

D’ailleurs il se promène dans les rues avec sa kippa noire perpétuellement vissée sur le crâne.


 


 

Source : frblogs.timesofisrael.com, le 8 septembre 2016. 

 

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Intellectuels et activistes

Publié le 30 Août 2016

Nouvelle installation Weltec Biopower en Croatie 


 

Le constructeur allemand d’unité de méthanisation clés en main Weltec Biopower annonce la mise en service d’une nouvelle installation à Varazdin, dans le nord de la Croatie.



L’installation de 250 kW est exploitée dans le cadre d’un élevage porcin. Elle s’intègre dans le circuit interne de l’entreprise, pour la valorisation du lisier et la production d’électricité, de chaleur et d’amendement. La base de production énergetique provient du lisier de la porcherie récemment construite, avec 130 truies et 2.800 places d’engraissement. Avant que le lisier ne soit pompé dans le digesteur en acier inoxydable de 1.716 m3, il peut être stocké dans une fosse existante. Au vu de la part de lisier, une petite trémie de 35 m3 cubes suffit pour l’incorporation des matières solides, comme l’ensilage de maïs. Le digestat est valorisé sur les 300 h de surface de l’exploitation en tant qu’amendement.


 

Source : constructioncayola.com, le 30 août 2016.

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Economie et mouvements sociaux

Publié le 29 Août 2016

L’Initiative des Trois Mers : l’Europe centrale et orientale se prend en main


 

Dubrovnik, Croatie – Un forum de deux jours a réuni en Croatie des chefs d’Etat et des représentants officiels de douze pays d’Europe centrale et orientale et membres de l’Union européenne en vue de discuter des défis communs pour renforcer économiquement et politiquement la zone comprise entre les trois mers – Adriatique, Baltique, Mer Noire. Retour sur l’Initiative des Trois Mers.

 

« La zone comprise entre l’Adriatique, la Baltique et la Mer Noire est la pierre angulaire de l’Europe », a déclaré l’hôte du forum, la présidente croate Grabar-Kitarović. Jeudi 25 août, une table ronde réunissait à Dubrovnik, au bord de la mer Adriatique, les présidents de Croatie, de Hongrie, de Pologne, de Bulgarie, de Lituanie et de Slovénie, ainsi que des ministres et vice-ministres d’Autriche, de Tchéquie, d’Estonie, de Lettonie, de Roumanie et de Slovaquie.

 

La région (BABS : Baltic – Adriatic – Black Sea) compte pour 28% du territoire de l’UE, 22% de sa population mais seulement 10% de son PIB. Les discussions à propos de l’économie ont porté sur la nécessité d’améliorer les infrastructures de toute la région et en particulier la coopération énergétique, notamment pour favoriser la pluralité des sources d’énergie et diminuer la dépendance énergétique envers qui que ce soit. Selon la présidente croate, 50 milliards d’euros sont nécessaires pour palier aux manques actuels. Toutefois, elle a aussi attiré l’attention sur les grands défis de la région, à savoir la baisse démographique et l’émigration.

 

Le président polonais Duda a pour sa part souligné que la coopération devait s’étendre à d’autres domaines pour être suffisamment forte : la culture et la science ainsi que les échanges universitaires doivent venir renforcer cette coopération. Mais le cœur de cette coopération repose sur la création d’un véritable axe nord-sud européen, pour le président polonais. En conclusion de son intervention, Andrzej Duda a annoncé que le prochain sommet aurait lieu en Pologne à Wroclaw, en juin 2017.

 

Des intervenants de Chine et des Etats-Unis étaient également présents. Liu Haixing, assistant ministériel chinois aux affaires étrangères en charge de la région d’Europe centrale et orientale a rappelé que la Chine était très intéressée par le développement de la région, qu’elle voit d’un bon œil dans l’optique de son projet de nouvelle Route de la Soie.

 

Le général étasunien James L. Jones, président de Jones Group International et ancien conseiller à la sécurité nationale du président Obama a déclaré que le développement de l’Initiative des Trois Mers doit être un élément non seulement de développement européen mais aussi de sécurité. Le général Jones a insisté sur l’emploi par la Russie de sa position de fournisseur d’énergie pour augmenter son influence économique et renforcer ses objectifs géopolitiques.

 

Après la table ronde du jeudi, les discussions ont continué vendredi autour de sujets divers tels que la crise migratoire, la menace terroriste ainsi que l’instabilité à la frontière est de l’Union européenne. Autant de défis sur lesquels les participants ont dit vouloir une réponse commune au niveau européen, et entendent peser de leur poids pour pousser l’Union européenne vers les solutions qu’ils soutiennent.

 

Les participants au forum ont au final adopté une déclaration appelée « l’Initiative des Trois Mers », établissant une plateforme informelle visant à renforcer les liens politiques et faciliter la collaboration transfrontalière dans la région ainsi que la mise en place de projets macro-régionaux.

 


 

Source : visegradpost.com, le 29 août 2016.

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Evénements

Publié le 27 Août 2016

Tena Štivičić est une dramaturge née en 1977 à Zagreb

 

 

Tri zime - une histoire tourmentée

 

Coïncidence, sur la place du maréchal Tito, le théâtre national croate, bâtiment emblématique de la ville, inauguré en grande pompe le 14 octobre 1895 par l’empereur François-Joseph, met en scène Tri Zime (« Trois hivers »). La dernière pièce de la dramaturge Tena Stivicic résume parfaitement l’impact d’une histoire tourmentée sur trois générations.

Hiver 1945 : Ruza Kralj, 27 ans, ex-combattante dans le mouvement des partisans, s’installe dans une villa, propriété d’un aristocrate, réfugié à l’étranger après la chute de « l’État indépendant de Croatie » (NDH). Hiver 1990 : sa fille, Masa Kos, 45 ans, vit, dans le même appartement, les derniers mois de la Yougoslavie. Hiver 2011 : Lucija, 31 ans, fille de Masa, va épouser à l’église un entrepreneur, nouveau riche aux relations douteuses, qui intrigue pour acheter l’ensemble de la villa.

Monarchie, fascisme, communisme, capitalisme : les systèmes se suivent, avec des gagnants et des perdants. Des valeurs disparaissent, d’autres les remplacent. La société s’adapte en s’efforçant de maintenir sa cohésion.


 

Par François d'Alançon

Source : la-croix.com, le 26 août 2016.

url de l'article : http://www.la-croix.com/Monde/Europe/Zagreb-le-vertige-des-confins-2016-08-26-1200784676​

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Ecrivains